Détention d'un syndicaliste : deux gendarmes risquent la prison avec sursis

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Détention d'un syndicaliste : deux gendarmes risquent la prison avec sursis
Détention d'un syndicaliste : deux gendarmes risquent la prison avec sursis

Quatre mois de prison avec sursis ont été requis jeudi contre deux officiers de gendarmerie, jugés à Clermont-Ferrand pour avoir ordonné en 2010 la «détention arbitraire» d'un syndicaliste lors d'une visite de Nicolas Sarkozy dans l'Allier.

«Il y a des limites où l'obéissance cesse d'être un devoir, c'est celles de la loi», a estimé la représentante du parquet, Laure Lehugeur, réclamant également 1 000 euros d'amende contre l'ancien commandant de groupement de l'Allier et son adjoint. L'affaire a été mise en délibéré au 16 juin.

La magistrate a décrit une «manoeuvre de guerre» destinée à «neutraliser» le militant Sud pour éviter qu'il ne manifeste devant le chef de l'Etat, le 25 novembre 2010, dans un contexte d'opposition houleuse à la réforme des retraites. «Présenté pendant les réunions préparatoires comme l'ennemi public numéro 1», selon Mme Lehugeur, cet éducateur spécialisé avait été interpellé au matin de la visite présidentielle, puis conduit à la brigade du Mayet-de-Montagne. «La situation juridique est bancale, et pourtant Frédéric Le Marrec est resté de 09h45 à 13h45, l'heure où décolle l'hélicoptère présidentiel : si le lien de cause à effet n'est pas établi...», a souligné la magistrate.

«Une interpellation déguisée»

Selon les échanges téléphoniques avec la brigade, le capitaine Pierre Pouly avait ordonné aux gendarmes de «garder» le militant au prétexte d'une «vérification d'identité». «En fait c'est une interpellation déguisée, vous avez tous compris», avait-il ajouté. «Aaah, commencez pas à me parler de cadre, hein ! On le garde, on s'expliquera après», s'était-il emporté face aux réticences de ses subordonnés. Cinq d'entre eux, mis en cause pendant l'enquête, ont bénéficié d'un non-lieu.

A l'audience, le capitaine Pouly a expliqué avoir «exécuté les consignes» de son supérieur, le colonel Patrick Martzinek. Ce dernier a reconnu «avoir ...

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  • fquiroga le vendredi 16 mai 2014 à 08:52

    Un pas de plus vers la dictature des politiques et des "uniformes"...