Destitution-Jour crucial pour Rousseff avec le vote des députés

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    par Marcela Ayres et Anthony Boadle 
    BRASILIA, 17 avril (Reuters) - La chambre basse du Congrès 
du Brésil doit procéder ce dimanche à un vote susceptible de 
déboucher sur une destitution de la présidente Dilma Rousseff, 
éclaboussée par une vaste affaire de corruption. 
    Cette crise politique, qui divise le Brésil depuis des mois 
sur fond de soupçons de corruption, s'est peu à peu muée en un 
conflit ouvert entre la présidente et son vice-président, le 
centriste Michel Temer, membre du PMDB (Parti du mouvement 
démocratique brésilien), qui lui succéderait si elle était 
destituée.  
    Dilma Rousseff s'est lancée samedi dans des tractations de 
la dernière chance avec les députés de son camp, pour tenter de 
s'assurer leur soutien à la veille du vote. La présidente a 
annulé son intervention à un meeting anti-destitution pour aller 
rencontrer, à huis clos, une partie des députés appelés à se 
prononcer ce dimanche pour ou contre sa destitution au motif 
qu'elle aurait enfreint les règles budgétaires en vigueur en 
maquillant les compte publics pour faciliter sa réélection en 
2014. 
    Ces discussions suggèrent que le vote de dimanche pourrait 
être plus serré qu'attendu initialement. On estime que Dilma 
Rousseff doit trouver 20 voix en sa faveur pour empêcher la 
destitution de réunir la majorité des deux tiers à la chambre 
basse, qui compte 513 sièges.  
    Un conseiller de Michel Temer a déclaré que Rousseff, 
soutenue par son prédécesseur Luis Iñacio Lula da Silva, qui 
reste l'homme politique le plus influent du pays, était parvenue 
à faire changer de camp une "poignée" de députés mais pas assez 
pour faire pencher la balance en sa faveur. 
    "Lula" a été samedi à la manoeuvre pour tenter d'obtenir que 
Rousseff, du même bord politique que lui, se maintienne au 
pouvoir, réunissant les gouverneurs de plusieurs Etats afin 
qu'ils fassent pression sur les députés. 
    "L'engagement des gouverneurs s'avère décisif", a déclaré 
Paulo Teixeira, l'un des chefs de file à la chambre basse du 
Parti des travailleurs (PT), la formation de Rousseff et de 
Lula. 
    Des milliers de policiers devaient se déployer ce dimanche 
dans la capitale, Brasilia, et dans les mégapoles que sont Sao 
Paulo et Rio de Janeiro, où l'on attendait des rassemblements 
rivaux de plusieurs centaines de milliers de partisans et 
d'opposants à la destitution. 
     
    MAJORITÉ DE BRÉSILIENS POUR LA DESTITUTION 
    Selon les sondages, plus de 60% des Brésiliens sont 
partisans d'une destitution de la présidente. 
    Dans une vidéo et une tribune publiée dans la presse, Dilma 
Rousseff, première femme à diriger le plus grand pays d'Amérique 
latine, a de nouveau nié avoir commis des actes justifiant sa 
destitution, présentant la procédure visant à la chasser du 
pouvoir comme "la plus grosse fraude juridique et politique" de 
l'histoire du Brésil. 
    "Nous sommes face à la menace d'un coup d'Etat, un coup 
d'Etat sans armes qui utilise des méthodes plus destructrices, 
comme la fraude et le mensonge, pour tenter de détruire un 
gouvernement légitimement élu", a-t-elle écrit dans le grand 
quotidien Folha de S.Paulo samedi.  
    Outre les accusations de manipulation du budget, Dilma 
Rousseff se voit reprocher par une partie de l'opinion publique 
d'avoir laissé le pays s'enfoncer dans sa pire crise économique 
depuis un quart de siècle.  
    Son pouvoir a en outre été affaibli par l'affaire Petrobras, 
un dossier de corruption présumée à grande échelle impliquant le 
puissant groupe pétrolier public.  
    La crise politique, qui a fait éclater la coalition 
gouvernementale, est d'autant plus profonde que l'héritière de 
"Lula" a conservé le soutien d'une partie des classes 
populaires, reconnaissantes au Parti des travailleurs, sa 
formation d'origine, pour avoir amélioré la qualité de vie de 
dizaines de millions de personnes en 13 ans de pouvoir.  
    Si la chambre basse se prononce en faveur de la destitution 
dimanche, il appartiendra ensuite au Sénat de se prononcer sur 
le renvoi de la présidente devant la justice pour infraction aux 
règles budgétaires. Si elle perd ce vote, qui pourrait avoir 
lieu le 10 ou le 11 mai, elle sera automatiquement suspendue et 
remplacée par Michel Temer.  
    Ce dernier, qui assurerait la présidence jusqu'en 2018 si 
Dilma Rousseff était jugée coupable par le Sénat, n'a que peu de 
soutiens politiques.  
    Si elle survit au vote de dimanche, la présidente restera 
très affaiblie et les observateurs estiment que sa promesse de 
former alors un gouvernement d'union nationale a peu de chances 
d'être tenu au vu des divisions profondes créées par la crise. 
 
 (avec Eduardo Simoes et Alonso Soto; Marc Angrand et Eric Faye 
pour le service français) 
 

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