Deschamps et Löw, la glace puis le feu

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C'est inévitable, un France-Allemagne fait toujours appel à notre imaginaire guerrier le plus primaire, d'autant plus lorsque la rencontre met en jeu la conquête de l'Europe à Paris. Mais si une bataille aura bel et bien lieu sur la pelouse du Vélodrome ce soir, elle opposera avant tout des idées de jeu. Les capacités d'adaptation de Löw, d'un côté. Et Didier Deschamps, de l'autre. Aux armes…

Le 4 juillet 2014, il est 13h12 au Maracaña lorsque l'Argentin Nestor Pitana aperçoit une légère faute de main de Paul Pogba sur l'épaule de Toni Kroos. L'Allemand se charge lui-même de l'offrande et dépose une merveille de centre avec le soin, la méthode et l'élégance qui le caractérisent depuis toujours. Mats Hummels n'a même pas besoin de sauter pour devancer Varane. Le ballon effleure la transversale de Lloris et envoie les Allemands en demi-finale du Mondial. En toute fin de match, Benzema mènera la dernière charge française, en vain. Une-deux avec Giroud, frappe puissante du gauche. Mais non. Trop ferme, trop forte, trop bien placée, la main droite de Neuer repousse une fois de plus l'idée bleue. Après l'insupportable 1982 sous la chaleur andalouse, les Allemands éliminent les Bleus sous le soleil brésilien et nous laissent une faim au goût sec et amer. Un petit but, sur coup de pied arrêté, et basta. Ainsi, pour que l'histoire de cet Euro soit la plus belle possible, il fallait que les Bleus de Deschamps rencontrent à nouveau Toni Kroos et l'Allemagne de Löw. Parce qu'entre temps, la Mannschaft est certainement devenue la meilleure sélection au monde. Et parce que si cette équipe de France veut avancer dans la construction de son identité, il lui faut une opposition à la hauteur du défi entrepris.

La dentelle et les bottes de Löw


Des finales, des demi-finales et un titre de champion du monde. Ces vingt dernières années, le football allemand a révolutionné son style mais n'a cessé d'obtenir des résultats sur les plus grandes scènes mondiales. Cette année à l'Euro, peut-être plus que jamais, elle a offert une formation d'une sophistication extrême. De la fine dentelle des pieds d'Özil, Hummels et Draxler aux lourdes bottes de Schweinsteiger, Höwedes et Gomez, Löw a mis au monde un groupe proposant un football romantique avec une méthode industrielle. La discrétion géniale de Toni Kroos au milieu, l'omniprésence musclée et technique de Jérôme Boateng, Manuel Neuer en dernier rempart robotique, et un phénomène jusque-là silencieux : Thomas Müller. De Lille à Bordeaux, l'Allemagne a offert le football le plus développé d'Europe parce qu'elle maîtrise toutes les facettes du jeu.






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