Deschamps et l'autel de l'histoire

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Deschamps et l'autel de l'histoire
Deschamps et l'autel de l'histoire

En cas de victoire au stade de France dimanche soir, il serait devenu un héros costumé et une ligne magnifique de l'histoire de ses pairs. Cela pourrait être en Russie, dans deux ans, que Deschamps a déjà placé dans son viseur. Mais son succès est ailleurs : dans l'art d'avoir fait d'une sélection en chantier une équipe prometteuse.

Il se pince des lèvres qu'il n'a pas. Il regarde un trophée qu'il ne touchera pas. Pour la première fois depuis près de deux mois, Didier Deschamps est seul. Le costume lui va pourtant si bien et le décor aussi. C'est simple : à chaque fois qu'il était venu à Saint-Denis pour écrire une nouvelle page de son histoire, il avait gagné. Avec l'équipe de France, avec Monaco, avec Marseille. Didier Deschamps a longtemps écrit son récit personnel dans la victoire. Certains parlaient alors de sa "chatte". Le seul constat est qu'il n'y a pas de meilleur entraîneur pour mener la barque du football français. La seule conclusion de ce championnat d'Europe est que Didier Deschamps peut donc se courber dans sa quête et s'incliner. Il peut perdre et c'est assez rare pour le souligner. Au cours de ce championnat d'Europe, il a beaucoup parié et s'est aussi planté. Mais Didier Deschamps n'a pas eu tort parce qu'il a perdu contre le Portugal. Il n'avait pas, non plus, eu raison parce qu'il avait battu l'Allemagne. C'est une partie du paradoxe qui l'entoure depuis la défaite contre le Portugal (0-1) dimanche soir. Un revers qui fait figure de rature et que Didier Deschamps veut déjà laisser derrière lui. Alors que Fernando Santos fête le premier succès international de l'histoire de son pays, DD, lui, erre sur la pelouse du stade de France. Il retire la médaille posée autour de son cou. Il se refait le film d'un mois de compétition, de vie commune, de critiques, de sourires et de sarabande. Mais au fond, il sait qu'il n'a rien à se reprocher.

Du sang et des larmes


Autour de lui, il regarde Bacary Sagna fondre en larmes, Hugo Lloris caler sa tête sur l'épaule de son suppléant, Steve Mandanda, ou encore André-Pierre Gignac, la main sur le visage, allongé sur le sol. Quelques minutes plus tôt, Deschamps a envoyé sa main fracasser la guérite de son banc de touche. De rage. Pourquoi ? Parce qu'il ne comprend pas. Personne ne comprend vraiment comment cet Euro a pu lui échapper. C'était "l'histoire" de cette équipe, cela devait se passer comme ça et pas autrement. Et le football. Rien que le football et sa loi morale qui n'ont pas de sentiments. Dix-huit ans plus tôt, Didier Deschamps soulevait tout un pays dans la liesse. Alors en zone mixte, il avoue que "c'est cruel", que "c'est dur


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