Désaccord syndical sur les chantiers de l'État

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Il veut en faire sa marque de fabrique : François Hollande a promis de consulter patronat et syndicats, voire de négocier avec eux, sur virtuellement tous les dossiers.
o Le menu de la conférence sociale, un casse-tête

La simple définition des thèmes de la conférence sociale que François Hollande réunira avant le 14 juillet risque de s'apparenter à un casse-tête. La liste des sujets potentiels est interminable: emploi, formation professionnelle, salaires, compétitivité, retraite, fixation du smic, contrats de génération, emplois d'avenir... «Si la conférence traite de tous les problèmes, on n'y arrivera pas», avoue un proche de Michel Sapin, le ministre du Travail, en charge de sa préparation. Or tout le monde n'a pas les mêmes priorités. La CFDT souhaite traiter des questions d'emploi. Et «en particulier de l'accompagnement social des jeunes, confrontés au chômage», précise François Chérèque. La CGT veut aborder les salaires et les plans sociaux alors que FO entend mettre un coup de frein à «la casse du service public». Quant au Medef, il veut mettre l'accent sur le marché du travail (tutorat, employabilité, licenciements, mobilité, formation...) Laurence Parisot veut avancer sur «les accords compétitivité-emploi» (baisser le temps de travail et les salaires en cas de chute d'activité). «Ce thème peut faire partie de la conférence mais avec un autre intitulé, d'autres objectifs et d'autres outils», rapporte-t-on au ministère du Travail. La CFDT est prête à poursuivre la négociation sur ce sujet, ouverte à la demande de Nicolas Sarkozy ; FO et la CGT ne veulent plus en entendre parler.

o Le coup de pouce au smic, un sujet de querelle

Le chef de l'État souhaite régler la question du coup de pouce promis au smic avant la conférence. La CGT et FO réclament 300 euros brut d'augmentation par mois, immédiatement. «Inatteignable», rétorque François Chérèque (CFDT) pour qui «un coup de pouce est utile mais ne suffit pas à régler le problème du pouvoir d'achat». Même condamnation pour Pascale Coton (CFTC) qui dénonce une «surenchère irréaliste». Quant au patronat, il s'inquiète de l'impact sur le coût du travail et la compétitivité en cas de coup de pouce généreux.

o La retraite à 60 ans, un coin entre idéalistes et réalistes

Dans l'absolu, CGT et FO ont une revendication simple: retour à la retraite à 60 ans pour tous. Ils réclament donc que le décret promis pour les prochaines semaines ouvre cette possibilité à un maximum de personnes. La CGT demande ainsi que tous les trimestres validés, mais non travaillés, soient pris en compte (chômage, congé parental, invalidité...). FO est à peine moins gourmand: «Nous souhaitons inclure les périodes de chômage validées, les "bonus'' de deux ans par enfant quand les mères ont arrêté de travailler, et les chômeurs proches de la retraite», liste Philippe Pihet, reconnaissant qu'il ne sait pas évaluer le nombre de bénéficiaires potentiels. En coulisse, selon plusieurs sources, FO se montrerait en réalité moins véhément. Notamment parce que les syndicats cogèrent avec le patronat les caisses complémentaires Agirc-Arrco, pour qui chaque extension aura un coût. Pour les mêmes raisons, la CFDT et la CFTC se veulent raisonnables. Les deux centrales priorisent leurs revendications: la CFDT demande qu'une attention soit prêtée aux chômeurs seniors, la CFTC se concentre sur le bonus de deux ans par enfant, «façon de compenser le retard pris par les femmes dans leur carrière lors d'une naissance, comme on compense aux hommes le service militaire», plaide Pascale Coton. Pour le Medef, même dans une version restreinte, le retour aux 60 ans sera trop coûteux.

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  • frinie1 le jeudi 24 mai 2012 à 16:06

    Discuter avec les syndicats : courage, dans 5 ans l'ordre du jour sera peut être défini et en attendant, le monde change sans nous.

  • karlv le jeudi 24 mai 2012 à 09:30

    Sarko était un décideur, Hollande un suiveur.

  • M4261473 le jeudi 24 mai 2012 à 09:18

    C'est pour quand les décisions en 2017?????

  • jlgatel le jeudi 24 mai 2012 à 05:16

    " sur virtuellement tous les dossiers" >> eh les gars, on est dans la vie reelle , reveillez vous!!! c'est pas ubisoft l'elysée

  • dardon1 le mercredi 23 mai 2012 à 23:24

    on ne dirige pas une entreprise, et encore moins un pays avec "des états d"âme" il faut, a un moment, aprés un délai raisonnable de discutions, un chef pour trancher, surtout lorsque l'on "discute" avec des murs .......

  • dardon1 le mercredi 23 mai 2012 à 23:09

    "François Hollande a promis de consulter patronat et syndicats, voire de négocier avec eux, sur virtuellement tous les dossiers"Bien du plaisir monsieur le président, il y en a pour des années a "discuter" et pendant ce temps la, statu quo, rien ne se fait,rien n'avance, .........comme avant Sarkosy. on connait :-((