Désaccord Europe-Russie sur l'organisation d'élections en Syrie

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 (Actualisé avec éléments supplémentaires) 
    PARIS, 4 mars (Reuters) - Des dirigeants européens et 
Vladimir Poutine sont convenus vendredi de l'importance du 
respect du cessez-le-feu en Syrie afin de travailler à une 
solution politique mais divergent sur la volonté du régime 
syrien d'organiser des élections. 
    Le Kremlin a considéré que la tenue de législatives en 
avril, voulue par le régime de Bachar al Assad, "n'empêcherait 
pas de progresser vers la construction d'un processus de paix"  
alors que François Hollande, a jugé l'idée "provocatrice". 
    Après une conférence téléphonique entre les dirigeants 
français, allemand, russe, britannique et italien, les Européens 
ont fait état d'un accord sur trois des quatre points évoqués : 
le cessez-le-feu, l'envoi d'aide humanitaire et l'importance de 
la trêve pour organiser la transition politique lors de 
négociations, le quatrième étant la constitution d'un 
gouvernement d'union nationale et la question des élections. 
    "Le cessez-le-feu en Syrie doit être respecté partout" et 
"nous avons constaté que c'était la volonté commune et que 
c'était, sur le terrain, ce qui était globalement observé", a 
dit François Hollande, lors d'une déclaration au côté de la 
chancelière allemande, Angela Merkel, à l'Elysée.  
    Ce cessez-le-feu ne concerne pas les opérations contre les 
djihadistes de l'Etat islamique (EI) et du Front al Nosra. 
    Pour lutter contre la crise humanitaire, "nous avons décidé, 
tous les participants, de coordonner nos initiatives, nos 
efforts, pour apporter notamment à Alep, mais pas seulement, les 
soutiens et les aides indispensables", a-t-il poursuivi. 
    "Nous avons également réaffirmé l'opportunité de cette trêve 
pour accélérer les discussions et ouvrir un processus de 
transition politique", a-t-il ajouté. "Et les Russes, par la 
voix de Vladimir Poutine, ont admis ce principe de la 
négociation, sur la base des résolutions des Nations unies."     
    En revanche, a souligné François Hollande, "l'idée qu'il 
puisse y avoir des élections (...) en Syrie est non seulement 
une idée provocatrice mais serait vraiment irréaliste et serait 
la preuve qu'il n'y a pas de négociation et qu'il n'y a pas de 
discussion".    
    La porte-parole du Premier ministre britannique David 
Cameron a précisé que la discussion n'avait pas porté en détail 
sur le sort du président syrien Bachar al Assad. "Nous savons 
que c'est l'un des points les plus délicats", a-t-elle déclaré. 
    La guerre en Syrie a fait plus de 250.000 morts et 11 
millions de réfugiés et déplacés depuis mars 2011. 
    L'émissaire de l'Onu pour la Syrie, Staffan de Mistura, a 
proposé que les pourparlers de paix, suspendus le mois dernier, 
débutent le 9 mars mais le format des négociations indirectes 
laisse la possibilité à certaines parties prenantes de se 
joindre aux discussions à une date ultérieure. 
 
 (Jean-Baptiste Vey, avec Lidia Kelly à Moscou et Elizabeth 
Piper à Londres, édité par Yves Clarisse) 
 
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