Désaccord entre Bolloré et Berlusconi sur Mediaset

le , mis à jour à 18:03
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    par Giulia Segreti et Agnieszka Flak  
    MILAN/PARIS, 26 juillet (Reuters) - Vivendi  VIV.PA  a fait 
marche arrière sur un accord d'échange d'actions pour le rachat 
de la filiale de télévision payante de Mediaset  MS.MI , une 
décision inattendue qui conduit Fininvest, la holding de Silvio 
Berlusconi, principal actionnaire du groupe de médias italien, à 
redouter une offre de rachat sur ce dernier. 
    Mediaset, contrôlé par l'ancien président du Conseil, a 
déclaré mardi dans un communiqué que Vivendi voulait maintenir 
l'échange de participation de 3,5% entre les deux entreprises.  
    Mais au lieu de prendre 100% de Mediaset Premium comme prévu 
en avril, le groupe français propose de racheter seulement 20% 
de la télévision payante et de prendre une participation 
d'environ 15% dans Mediaset sur trois ans à travers une 
obligation convertible. 
    Fininvest, qui détient 35% de Mediaset, a dit que la 
décision de Vivendi de revoir les termes de l'accord montrait 
que le groupe dirigé par Vincent Bolloré voulait constituer une 
participation significative dans le premier groupe de télévision 
privé italien. 
    Vivendi, sous la houlette de l'homme d'affaires breton, 
cherche à devenir un acteur des médias et des contenus à 
l'échelle européenne avec des prolongements dans le secteur des 
télécoms. Il a ainsi accumulé une participation de 24,7% dans 
l'opérateur historique Telecom Italia  TLIT.MI .  
    Bolloré, proche de Silvio Berlusconi, est un acteur de 
longue date du monde des affaires transalpin et détient une 
participation dans la banque d'affaires Mediobanca  MDBI.MI   
    Le président du directoire de Vivendi, Arnaud de 
Puyfontaine, a assuré que le groupe n'envisageait pas de prendre 
le contrôle de Mediaset et que sa stratégie n'avait pas changé.  
    "La stratégie est la même, ce qui change c'est la manière de 
la mettre en oeuvre parce que nous avons une perspective 
différente sur certains aspects de l'activité", a-t-il dit à des 
jounalistes à Milan.  
    Le revirement inattendu de Vivendi a penalisé l'action 
Mediaset, qui accuse encore une baisse d'un peu plus de 6% à la 
Bourse de Milan vers 15h00 GMT après avoir chuté de plus du 
double.  
    "Avec cette initiative, Vivendi veut pousser le clan 
Berlusconi dans ses retranchements et l'obliger à céder le 
contrôle de Mediaset, à un moment où Berlusconi cède plusieurs 
des actifs de son empire", a dit un analyste milanais spécialisé 
dans les médias qui a requis l'anonymat.  
    "Ce nouveau développement de Vivendi souligne le plus grand 
appétit du groupe pour Mediaset", a renchéri Andrea De Vita, 
analyste de Banca Akros.  
    Les désaccords concernant les conditions de l'opération ont 
émergé jeudi dernier lors d'une rencontre entre l'administrateur 
délégué de Mediaset Pier Silvio Berlusconi et Vincent Bolloré, a 
indiqué une autre source proche du dossier. 
    Le président de Vivendi a demandé que le prix prévu dans 
l'accord soit revu à la baisse, estimant que Mediaset Premium ne 
valait pas le montant stipulé dans le contrat, a précisé cette 
source. 
    L'accord initial valorisait Mediaset Premium à 800 millions 
d'euros, les deux sociétés prévoyant de prendre des 
participations croisées de 3,5% chacune. 
    Selon une autre source proche du dossier, Mediaset va 
rejeter le nouvel accord proposé par Vivendi lors d'un conseil 
d'administration prévu jeudi et est prêt à engager une action en 
justice contre le groupe de médias français.   
 
 (avec les contributions de Valentina Za et de Giulia Segreti à 
Milan, de Mathieu Rosemain et de Gwenaëlle Barzic à Paris, 
Juliette Rouillon et Marc Joanny pour le service français, édité 
par Véronique Tison) 
 

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