Des villes saluent l'arrivée de la pastille automobile

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DES VILLES SALUENT LA CRÉATION D'UNE NOUVELLE PASTILLE POUR LES VÉHICULES PROPRES
DES VILLES SALUENT LA CRÉATION D'UNE NOUVELLE PASTILLE POUR LES VÉHICULES PROPRES

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - Plusieurs villes, dont Paris, ont salué mardi la création d'une nouvelle pastille pour identifier et favoriser les véhicules propres, annoncée par Ségolène Royal dans le cadre du plan de lutte contre la pollution de l'air en France.

La ministre de l'Ecologie a dévoilé le dispositif qui vise à encourager l'acquisition d'un véhicule propre et qui complète l'aide renforcée jusqu'à 10.000 euros pour l'achat d'une voiture électrique. Il s'accompagne d'un appel à projets "villes respirables" pour les municipalités.

Des mesures étaient très attendues par les villes qui ont connu ces derniers mois plusieurs pics de pollution, comme la capitale dont la maire, Anne Hidalgo, a bataillé avec Ségolène Royal sur la circulation alternée.

La première l'avait réclamée en mars mais la seconde la lui refusait - il revient au préfet, donc à l'Etat, de décider de la mettre en place -, au motif souvent répété qu'elle s'oppose à une écologiste dite "punitive".

La pastille, appelée "certificat de qualité de l'air", se veut une réponse à ce sujet et un outil de gestion pour les villes qui souhaiteraient instaurer des restrictions sur les véhicules polluants ou des avantages pour la circulation ou les tarifs de stationnement aux plus propres.

"Il y a un signal à donner pour préparer l'après-diesel comme l'après-pétrole", a dit Ségolène Royal à la presse, rappelant qu'elle souhaitait réformer le modèle de gestion des pics de pollution, engagement qu'elle avait déjà pris.

Anne Hidalgo, qui a déjà lancé à Paris un plan de limitation de la circulation des véhicules polluants, s'est félicitée de cette annonce, un "acte fort dans la lutte contre la pollution".

"OUTIL INDISPENSABLE"

Plusieurs écologistes ont également salué cette décision, dont l'adjoint chargé des Transports à la mairie de Paris, Christophe Najdovski, qui se satisfait de voir l'Etat "prendre la mesure de l'urgence".

"Les pastilles sont l'outil réglementaire indispensable à la réussite du plan (de la ville de Paris), on est donc très content que cette annonce ait eu lieu et on souhaite entrer dans la phase opérationnelle", a-t-il dit à Reuters.

"Les mesures annoncées aujourd'hui ont pour but de réduire la pollution du quotidien mais pourront aussi s'appliquer en période de pic de pollution", a-t-il souligné, rappelant toutefois que cela "n'exonère pas l'Etat" d'une révision de la gestion des pics.

Pour Christophe Najdovski, l'outil "pastilles" va aussi donner du poids à la ville dans les discussions pour définir un plan à l'échelle de la métropole du Grand Paris.

Il va aussi faire progresser le débat à Grenoble, l'une des villes les plus polluées de France, où une réunion sur le sujet de la pollution était prévue le 9 juin avec la préfecture et les élus de la métropole.

"On allait travailler sur comment faire changer les comportements et là, ce qui est intéressant, c'est qu'on sort du tout ou rien, pour avoir une démarche de sensibilisation, plus progressive", a dit à Reuters le maire écologiste Eric Piolle.

"On voit ça d'un oeil très positif, ça vient bien compléter l'éventail des solutions sur lesquelles on travaille aujourd'hui sur les transports en commun, les piétons, cyclistes", a-t-il dit, ajoutant que Grenoble serait candidate à l'appel à projets "villes respirables en cinq ans" dont les lauréats seront connus en septembre.

PASTILLES POUR TOUS EN 2016

Les pastilles, qui concerneront aussi les deux-roues, seront lancées à titre expérimental le 1er septembre et généralisées au 1er janvier 2016. Elles seront gratuites pendant six mois puis vendues cinq euros ensuite.

Seuls les véhicules particuliers 100% électriques recevront la pastille bleue des voitures les moins polluantes. Six autres catégories, déclinées du vert au gris, concerneront les véhicules à carburants. La première sera réservée aux véhicules à moteurs essence, construits à partir de 2011.

Les diesel les plus récents seront inclus à la troisième catégorie (jaune), au même titre que les véhicules essence de 2006 à 2011. Tous les véhicules particuliers datant d'avant le 31 décembre 1996 seront dans la catégorie des plus polluants.

L'association 40 millions d'automobilistes a dénoncé dans un communiqué un dispositif "injuste socialement". "La pastille verte est une mesure discriminatoire qui renforce l'idée d'une exclusion sociale des plus modestes qui n'ont pas les moyens financiers de renouveler l

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - Plusieurs villes, dont Paris, ont salué mardi la création d'une nouvelle pastille pour identifier et favoriser les véhicules propres, annoncée par Ségolène Royal dans le cadre du plan de lutte contre la pollution de l'air en France.

La ministre de l'Ecologie a dévoilé le dispositif qui vise à encourager l'acquisition d'un véhicule propre et qui complète l'aide renforcée jusqu'à 10.000 euros pour l'achat d'une voiture électrique. Il s'accompagne d'un appel à projets "villes respirables" pour les municipalités.

Des mesures étaient très attendues par les villes qui ont connu ces derniers mois plusieurs pics de pollution, comme la capitale dont la maire, Anne Hidalgo, a bataillé avec Ségolène Royal sur la circulation alternée.

La première l'avait réclamée en mars mais la seconde la lui refusait - il revient au préfet, donc à l'Etat, de décider de la mettre en place -, au motif souvent répété qu'elle s'oppose à une écologiste dite "punitive".

La pastille, appelée "certificat de qualité de l'air", se veut une réponse à ce sujet et un outil de gestion pour les villes qui souhaiteraient instaurer des restrictions sur les véhicules polluants ou des avantages pour la circulation ou les tarifs de stationnement aux plus propres.

"Il y a un signal à donner pour préparer l'après-diesel comme l'après-pétrole", a dit Ségolène Royal à la presse, rappelant qu'elle souhaitait réformer le modèle de gestion des pics de pollution, engagement qu'elle avait déjà pris.

Anne Hidalgo, qui a déjà lancé à Paris un plan de limitation de la circulation des véhicules polluants, s'est félicitée de cette annonce, un "acte fort dans la lutte contre la pollution".

"OUTIL INDISPENSABLE"

Plusieurs écologistes ont également salué cette décision, dont l'adjoint chargé des Transports à la mairie de Paris, Christophe Najdovski, qui se satisfait de voir l'Etat "prendre la mesure de l'urgence".

"Les pastilles sont l'outil réglementaire indispensable à la réussite du plan (de la ville de Paris), on est donc très content que cette annonce ait eu lieu et on souhaite entrer dans la phase opérationnelle", a-t-il dit à Reuters.

"Les mesures annoncées aujourd'hui ont pour but de réduire la pollution du quotidien mais pourront aussi s'appliquer en période de pic de pollution", a-t-il souligné, rappelant toutefois que cela "n'exonère pas l'Etat" d'une révision de la gestion des pics.

Pour Christophe Najdovski, l'outil "pastilles" va aussi donner du poids à la ville dans les discussions pour définir un plan à l'échelle de la métropole du Grand Paris.

Il va aussi faire progresser le débat à Grenoble, l'une des villes les plus polluées de France, où une réunion sur le sujet de la pollution était prévue le 9 juin avec la préfecture et les élus de la métropole.

"On allait travailler sur comment faire changer les comportements et là, ce qui est intéressant, c'est qu'on sort du tout ou rien, pour avoir une démarche de sensibilisation, plus progressive", a dit à Reuters le maire écologiste Eric Piolle.

"On voit ça d'un oeil très positif, ça vient bien compléter l'éventail des solutions sur lesquelles on travaille aujourd'hui sur les transports en commun, les piétons, cyclistes", a-t-il dit, ajoutant que Grenoble serait candidate à l'appel à projets "villes respirables en cinq ans" dont les lauréats seront connus en septembre.

PASTILLES POUR TOUS EN 2016

Les pastilles, qui concerneront aussi les deux-roues, seront lancées à titre expérimental le 1er septembre et généralisées au 1er janvier 2016. Elles seront gratuites pendant six mois puis vendues cinq euros ensuite.

Seuls les véhicules particuliers 100% électriques recevront la pastille bleue des voitures les moins polluantes. Six autres catégories, déclinées du vert au gris, concerneront les véhicules à carburants. La première sera réservée aux véhicules à moteurs essence, construits à partir de 2011.

Les diesel les plus récents seront inclus à la troisième catégorie (jaune), au même titre que les véhicules essence de 2006 à 2011. Tous les véhicules particuliers datant d'avant le 31 décembre 1996 seront dans la catégorie des plus polluants.

L'association 40 millions d'automobilistes a dénoncé dans un communiqué un dispositif "injuste socialement". "La pastille verte est une mesure discriminatoire qui renforce l'idée d'une exclusion sociale des plus modestes qui n'ont pas les moyens financiers de renouveler leur véhicule", dit-elle.

Le Parti communiste a lui aussi regretté que les "couches populaires" soient "stigmatisées" faute de moyens financiers.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • jjlh le mardi 2 juin 2015 à 19:11

    Je suis très économe de l'utilisation de mon véhicule; en clair, je ne sors que si j'ai plusieurs courses à faire et conduis à l'économie; je pollue donc moins; quelle sera la couleur de la pastille qui me sera attribuée ?

  • dotcom1 le mardi 2 juin 2015 à 18:23

    Ca me rappelle les étoiles jaunes pour reconnaître ceux qu'il fallait exclure. C'était il n'y a pas si longtemps...

  • M999141 le mardi 2 juin 2015 à 18:19

    Encore une couche de complexité administrative. Les décideurs de cette usine a gaz ne seront pas concernés, ils roulent dans un parc automobile payé par le contribuable, et avec chauffeur.Bientôt, si on n'a pas la pastille bleue, on aura le droit d'être insulté ou de se faire griffer la carrosserie.