Des victimes françaises veulent "leur" procès du Libyen Senoussi

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L'EX-CHEF DES SERVICES DE RENSEIGNEMENT LIBYENS EST ARRIVÉ À TRIPOLI
L'EX-CHEF DES SERVICES DE RENSEIGNEMENT LIBYENS EST ARRIVÉ À TRIPOLI

PARIS (Reuters) - La France a pris acte jeudi de la décision des autorités mauritaniennes d'extrader vers la Libye Abdallah al Senoussi, chef des services de renseignement libyens à l'époque de Mouammar Kadhafi, qu'elle souhaitait également juger.

La décision de Nouakchott devrait mettre fin à plusieurs mois d'incertitudes et de bisbilles pour savoir par qui - Libye, France ou Cour pénale internationale - cette personnalité à la fois controversée et crainte sera jugée.

"Les autorités mauritaniennes ont souverainement décidé d'accueillir favorablement la demande d'extradition formulée par la Libye", a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères dans un point de presse.

"La France prend acte de ce choix. Elle avait présenté aux autorités mauritaniennes une demande d'extradition d'Abdallah al Senoussi, condamné par contumace à une peine de réclusion criminelle à perpétuité le 10 mars 1999, en raison de sa participation à l'attentat de 1989 contre le vol UTA 772", au-dessus du désert du Ténéré, au Niger, a-t-il ajouté.

"Indépendamment de la suite qui sera donnée à notre demande d'extradition d'Abdallah al Senoussi, il est impératif que les familles des victimes de l'attentat contre le vol UTA 772 soient reconnues dans leurs droits", a-t-il poursuivi.

L'ancien chef des services de renseignement, beau-frère de Kadhafi, est en effet visé par un mandat d'arrêt international émis par la France pour l'attentat à la bombe contre le DC10 d'UTA, qui a fait 170 morts.

Les familles des victimes souhaitent donc qu'il purge la peine de réclusion à perpétuité prononcée en France par contumace en 1999 contre lui et cinq autres Libyens.

En 2004, la France avait accepté la levée des sanctions internationales contre la Libye après la signature d'un accord par lequel la Fondation Kadhafi acceptait de verser un million de dollars d'indemnités par victime.

L'association des familles de victimes de cet attentat a dit jeudi craindre que Senoussi ne soit jamais jugé pour cet attentat et demandé à la France et à la Libye de coopérer afin que "les conditions d'un procès pénal équitable soient réunies, permettant aux 1 625 parents des 170 victimes d'y participer".

Des avocats ont été envoyés en Libye, dit un communiqué. L'association souhaite aussi que soient retrouvés les cinq autres condamnés. Les mandats d'arrêt sont valables jusqu'en 2019.

Yves Clarisse, édité par Gilles Trequesser

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