Des victimes de Boko Haram violées par l'armée, la police - HRW

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    LAGOS, 31 octobre (Reuters) - Human Rights Watch (HRW) a 
accusé lundi des soldats et policiers nigérians d'avoir violé 
des femmes et filles fuyant le groupe islamiste Boko Haram. 
    L'organisation de défense des droits de l'homme a dit avoir 
réuni en juillet des éléments attestant de 43 cas d'"abus 
sexuels, y compris des viols".  
    Les victimes étaient hébergées dans sept camps de déplacés à 
Maiduguri, la capitale de l'Etat de Borno dans le nord-est du 
Nigeria, d'où Boko Haram a lancé une insurrection en 2009. Les 
violences dues à la secte islamiste ont fait quelque 15.000 
morts et plus de deux millions de déplacés dans la région. 
    Interrogé sur ces accusations, un porte-parole de l'armée 
n'a pas souhaité faire de commentaire, renvoyant au ministère de 
la Défense. Un porte-parole du ministère, injoignable au 
téléphone, n'a pas répondu à un SMS. Un porte-parole de la 
police n'a pu être joint sur son portable.  
    HRW a ajouté avoir été informé d'abus commis par des 
responsables des camps et des membres de groupes d'autodéfense 
mis en place par l'armée pour combattre Boko Haram. 
    Quatre personnes ont déclaré à l'ONG avoir été droguées et 
violées. Les 37 autres ont dit avoir été contraintes à des 
relations sexuelles en échange de fausses promesses de mariage 
ou d'assistance matérielle et financière. 
    Une jeune femme de 17 ans a déclaré avoir été violée par un 
policier qui l'a abordée dans un camp.  
    Une autre adolescente, âgée de 16 ans et ayant fui l'an 
dernier une attaque contre la ville de Baga, près du lac Tchad, 
a déclaré avoir été droguée et violée en mai 2015 par un homme 
chargé de distribuer de l'aide dans son camp de déplacés.  
    Boko Haram, qui contrôlait début 2015 dans le nord-est du 
Nigeria un vaste territoire d'une superficie équivalente à celle 
de la Belgique, a perdu la plupart de ses positions face aux 
offensives de l'armée et s'est replié dans la forêt de Sambisa.  
 
 (Alexis Akwagyiram; Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
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