Des universitaires de Hong Kong font état de menaces de mort

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par Clare Baldwin et Anne Marie Roantree HONG KONG, 30 septembre (Reuters) - Certains universitaires à la pointe de la mobilisation en faveur de la démocratie à Hong Kong disent être l'objet de menaces de mort ou d'autres formes d'intimidation. Les manifestants à Hong Kong demandent plus de démocratie après la décision des autorités chinoises d'encadrer la désignation du prochain chef de l'exécutif en 2017. Chan Kin-man, professeur de sociologie à l'Université chinoise et co-fondateur du mouvement Occupy Central, qui veut paralyser le quartier des affaires de Hong Kong, a dit avoir reçu une série d'enveloppes contenant des menaces de morts écrites en caractères chinois. "J'ai compris qu'une fois que j'aurais rejoint le mouvement, ils s'en prendraient à moi et me traiteraient comme un ennemi", a-t-il déclaré à Reuters. Il s'est rasé la tête en signe de protestation. Un autre fondateur du mouvement, Benny Tai, professeur de droit à l'Université de Hong Kong, a dit lui aussi avoir reçu des menaces de mort, dont certaines étaient adressées au "diable", précisant que l'une des enveloppes contenait une lame de rasoir. Cinq autres universitaires ont déclaré avoir été la cible de tentatives d'intimidation en raison de leur participation au mouvement. Benny Tai a dit ne pas voir la main de Pékin derrière ces lettres. "Pour Pékin, je crois que c'est important de me protéger", déclare Benny Tai. "Si j'ai des problèmes, on dira que c'est la faute de Pékin." Ni Chan Kin-man, ni Benny Tai n'ont signalé les menaces de mort à la police et Benny Tai a estimé qu'il serait impossible de remonter jusqu'à leurs auteurs. "COUP BAS" Autre soutien d'Occupy, Joseph Cheng, professeur de sciences à l'Université municipale de Hong Kong , a dit lui aussi avoir été visé. Le journal pro-Pékin Wen Wei Po l'a accusé de plagiat et de ne pas avoir déclaré des revenus, ce qu'il a démenti. Son université a annoncé enquêter conformément aux règles et procédures établies. Joseph Cheng a précisé à Reuters que son ordinateur avait été piraté et qu'il avait du mal à obtenir des financements pour ses recherches. "Quiconque décide de parler peut être détruit; de grandes pressions peuvent s'exercer contre vous", a-t-il déclaré. Par ailleurs, deux universitaires de Macao, ancienne colonie portugaise restituée à la Chine en 1999, viennent d'être renvoyés pour avoir exprimé leurs opinions politiques. A Hong Kong, aucun professeur n'a à ce jour perdu son emploi. Mais Chan Kin-man estime qu'il n'y a "aucune chance" qu'il puisse se rendre en Chine continentale dans un avenir proche et dit craindre qu'on s'en prenne physiquement à lui ou que l'on tente de ruiner sa réputation. "Si j'y retourne, mes amis m'ont dit qu'on me ferait un coup bas", explique-t-il. "Tu pourrais, disent-ils, être renversé par une voiture, ou bien ils enverront une femme dans ta chambre d'hôtel." (Avec Diana Chan, Kinling Lo, Yimou Lee, James Pomfret, Farah Master et Grace Li; Danielle Rouquié pour le service français, édité par Marc Angrand)

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