Des troupes françaises à Bangui face à l'avancée rebelle

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RENFORTS FRANÇAIS ENVOYÉS EN CENTRAFRIQUE POUR SÉCURISER L?AÉROPORT DE BANGUI
RENFORTS FRANÇAIS ENVOYÉS EN CENTRAFRIQUE POUR SÉCURISER L?AÉROPORT DE BANGUI

PARIS (Reuters) - La France a envoyé des troupes en Centrafrique pour sécuriser l'aéroport de Bangui face à l'avancée des rebelles du Séléka qui affirment être entrés dans la capitale et disent se diriger vers le palais où se trouve le président François Bozizé.

"Une compagnie a été envoyée pour renforcer et sécuriser l'aéroport de Bangui. L'aéroport est désormais sécurisé", a dit une source diplomatique française à Paris.

Quelque 250 soldats français se trouvaient dans la capitale centrafricaine avant l'arrivée du nouveau contingent militaire.

"Nous avons demandé à nos ressortissants de rester chez eux", a ajouté cette source. Des mesures ont été prises pour protéger les ressortissants français, a indiqué une autre source diplomatique.

Le Conseil de sécurité des Nations unies, qui s'est réuni vendredi à la demande de la France, demeure saisi de ce sujet, a précisé le Quai d'Orsay.

Les rebelles centrafricains du Séléka sont entrés samedi dans la capitale Bangui et, selon leur porte-parole, ils progressent vers le palais présidentiel tout en menant des combats contre les forces gouvernementales.

Selon les habitants de la capitale, l'armée régulière conservait samedi soir le contrôle du centre ville où se trouve le palais présidentiel.

"Le président Bozizé est toujours au pouvoir", a indiqué à Reuters le porte-parole du gouvernement Crépin Mboli-Goumba. "Bangui n'est pas encore tombée", a-t-il ajouté.

Avec la tombée de la nuit, les combats semblaient avoir cessé à Bangui où l'électricité demeurait coupée après la prise de la centrale de Boali par les insurgés.

Les rebelles ont relancé les hostilités cette semaine dans le pays et se sont fixé pour but de renverser le président François Bozizé qu'ils accusent de ne pas avoir respecté un accord de paix conclu en janvier, prévoyant leur intégration dans les forces armées.

DES RÉSISTANCES

Un journaliste de Reuters, présent dans les faubourgs nord de la capitale, a vu les combattants du Séléka repousser les unités de l'armée régulière et prendre position dans le quartier autour de la résidence personnelle de Bozizé.

Un responsable a indiqué que le chef de l'Etat se trouvait dans le palais présidentiel situé dans le centre de la ville.

Nelson Ndjadder, porte-parole du mouvement, a confirmé l'information, ajoutant qu'un hélicoptère de l'armée utilisé depuis vendredi contre les insurgés avait été abattu.

"Nos deux colonnes se dirigent maintenant vers le palais présidentiel", a-t-il déclaré à Reuters.

Un membre de la force africaine de maintien de la paix ayant requis l'anonymat a lui aussi fait état de combats entre les rebelles et l'armée à Bangui et indique également qu'un hélicoptère de combat a été abattu.

"Les rebelles pourraient s'emparer de Bangui ce soir", a-t-il reconnu, précisant que les casques bleus s'occupaient de la sécurité de l'aéroport. "Les combats se poursuivent mais il y a des résistances".

Le Séléka, qui regroupe différents groupes d'insurgés, avait réussi une avancée jusqu'aux portes de Bangui l'an passé reprochant à Bozizé de ne pas avoir honoré un engagement de fournir du travail et un salaire aux combattants en échange de l'arrêt des combats.

L'Afrique du Sud a dépêché quelque 400 soldats pour entraîner l'armée centrafricaine et selon des sources au sein de la force de maintien de la paix, les Sud-Africains se battraient aux côtés de l'armée régulière.

La radio sud-africaine a rapporté vendredi que Pretoria avait l'intention de renforcer son soutien militaire après une rencontre entre Bozizé et le président Jacob Zuma.

John Irish, avec Elizabeth Pineau à Paris et Paul-Marin Ngoupana à Bangui, édité par Marine Pennetier

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  • nayara10 le dimanche 24 mar 2013 à 00:59

    Qui se cache derrière tout cela ???.....L'Afrique s'embrase un peu partout ...

  • 2445joye le samedi 23 mar 2013 à 23:13

    Heureusement que la Françafrique, c'était fini !

  • M7097610 le samedi 23 mar 2013 à 22:55

    mais de quoi je me mêle encore une fois ? les fonctionnaires militaires ont encore trouvé une occasion de doubler leur solde !