Des touristes arrivent au restaurant Garzon, à Pueblo Garzon en Uruguay, le 12 janvier 2012

AFP Video le 19/02/2012 à 09:06
0

Pueblo Garzon, petit village de 200 âmes niché dans l'arrière-pays de la côte orientale uruguayenne, est devenu ces dernières années une destination prisée par une clientèle internationale aisée en quête d'authenticité, de sérénité et... de haute gastronomie.Une petite place arborée en guise de centre-ville, une architecture rudimentaire et des rues en terre battue: rien ne prédisposait a priori ce bourg situé à 70 km de l'agitation de la station balnéaire de Punta del Este à devenir le nouveau lieu à voir et où être vu.Aujourd'hui, restaurants prisés, résidences cossues et boutiques de design bordent la chaussée bosselée de Pueblo Garzon, où défilent berlines de luxe et célébrités du monde entier pendant la période estivale, de décembre à février.Il faut remonter huit ans en arrière pour trouver la clé de cette métamorphose saisissante: la décision du grand chef argentin Francis Mallmann d'y installer un hôtel-restaurant sur un coin de rue qui abritait auparavant une épicerie."L'idée est de permettre aux clients de se reposer, de faire des balades à cheval ou à vélo, qu'ils profitent de la nature, du silence et de la bonne cuisine (...) qu'ils s'éloignent un peu de la ville, de la plage, de la foule", explique à l'AFP la gérante de l'hôtel Victoria Ubertone.Et les clients n'hésitent pas à débourser 170 dollars pour un déjeuner et 780 dollars pour passer une nuit dans une des cinq chambres de cet établissement confortable au charme rustique."Le calme est impressionnant, c'est un village de l'intérieur comme tant d'autres, mais avec ce côté très chic", s'enthousiasme Monica Testoni, une Argentine en villégiature à Punta del Este qui a fait le déplacement jusqu'à Pueblo Garzon le temps d'un déjeuner."Un changement de perspective"De l'autre côté de la place du village, le restaurant et centre culturel D'Cepa vient d'ouvrir ses portes avec, à sa tête, un autre chef argentin, Esteban Aguirre, encouragé dans sa démarche par M. Mallmann et son associé, le viticulteur Manuel Mas, lui aussi argentin."Avec Lucifer (l'autre restaurant à l'entrée du village) nous cherchons à nous compléter pour offrir une gamme variée de services au tourisme, pour que tout ne tourne pas autour de l'hôtel", explique M. Aguirre.Ce développement du tourisme haut de gamme, conjugué à l'installation d'une entreprise agro-industrielle en 2000, est une véritable aubaine pour les habitants du village, qui était promis à l'abandon depuis la fermeture de la ligne de chemin de fer et du moulin qui lui donnaient vie.Il y a eu un "changement dans les perspectives d'avenir pour les gens (...) le village commence à trouver un nouveau cap", affirme Fernando Suarez, maire de Pueblo Garzon.En outre, souligne-t-il, de nouveaux propriétaires sont apparus, ils ont fait construire des maisons "qui sont entretenues par les gens du village".Selon les habitants, le tailleur de Mick Jagger, une directrice du New York Times et le célèbre marchand d'art londonien Martin Summers font partie des investisseurs.Cet intérêt pour le bourg a fait grimper en flèche les prix de l'immobilier, et un terrain de 400 mètres carrés valant initialement 1.000 dollars se négocie désormais à plus de 30.000 dollars.Pour le maire, cette effervescence n'a pas véritablement d'effet négatif, car "ceux qui viennent respectent l'essence du village".Veronica Deliotti, employée dans un des restaurants de luxe, avoue être un peu inquiète face à l'ébullition suscitée par "Garzon"."L'avenir de nos enfants est en train de changer", admet-elle. "Parfois j'ai peur. Nous ne voulons pas perdre cette tranquillité".

Réagir 0
A lire aussi

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant