Des tests de résistance pour les assureurs européens

le
0
A LONDON BANK WORKER COUNTS OUT EURO NOTES PRIOR TO THEIR LAUNCH IN JANUARY.
A LONDON BANK WORKER COUNTS OUT EURO NOTES PRIOR TO THEIR LAUNCH IN JANUARY.

par Jonathan Gould

FRANCFORT (Reuters) - L'Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (Eiopa) a lancé mercredi une nouvelle batterie de tests de résistance destinés à jauger la capacité des assureurs à résister à des chocs financiers.

Ces tests, fondés sur les nouvelles règles Solvency II qui entreront en vigueur début 2016, ont également pour objet de déterminer si les assurés seraient menacés dans le cas d'une catastrophe financière à laquelle ne pourraient faire face des assureurs sous-capitalisés. Leurs résultats sont attendus en novembre.

"Le stress test de l'Eiopa porte sur la résistance d'ensemble du secteur de l'assurance de l'Union européenne et sur l'identification de ses grands points faibles en cas d'apparition de chocs de grande ampleur", a déclaré le président de l'organisme Gabriel Bernardino dans un communiqué.

Les assureurs se plaignent des charges financières et administratives induites par ces tests et par le passage à Solvency II. De surcroît, le calendrier serré des tests représente d'énormes difficultés, estime Olav Jones, directeur général adjoint de l'organisme professionnel Insurance Europe.

"Nous espérons, de ce fait, que l'Eiopa sera compréhensive et simplifiera le processus", a-t-il dit.

Les tests de résistance pour le secteur de l'assurance seront menés en parallèle de ceux subis par les grands établissements bancaires européens avant que la Banque centrale européenne n'assume leur supervision en novembre.

L'Eiopa a élaboré divers scénarios pour mesurer sur les assureurs les effets de la volatilité des marchés des obligations souveraines et d'entreprises, boursiers, des taux d'intérêt et de l'immobilier.

Elle mettra également à l'épreuve des risques propres au secteur de l'assurance, comme les variations de mortalité, de longévité, de réserves, ainsi que les catastrophes naturelles.

"La conception et l'ampleur des chocs éprouveront de manière appropriée la situation financière des compagnies d'assurance", a dit Bernardino.

L'Eiopa prolongera par ailleurs une étude antérieure sur les conséquences d'une période prolongée de taux d'intérêt bas pour les assureurs.

"SANS AUCUN PROBLÈME"

Les gros assureurs tels qu'Allianz, Axa, Generali et Prudential semblent bien préparés à la fois aux tests et aux nouvelles normes Solvency II.

"Nous réussirons ces tests sans aucun problème", avait dit à Reuters la semaine passée Herbert Haas, président du directoire de l'assureur allemand Talanx.

En revanche, les assureurs plus petits se plaignent des lourds investissements en informatique et de l'expérience en gestion du risque requise pour se conformer au nouveau régime gouvernant les fonds propres.

Les précédents tests menés par l'Eiopa, en 2011, avaient déterminé que 10% environ des assureurs ainsi éprouvés ne répondaient pas aux critères minimums de fonds propres dans le cas d'un scénario de crise. Le déficit global en fonds propres des 13 assureurs concernés avait été estimé par l'Eiopa à 4,4 milliards d'euros.

A la différence des stress tests bancaires, susceptibles de révéler des déficits de fonds propres que les établissements affectés devraient combler rapidement, ceux de l'Eiopa ne devraient pas révéler les noms des mauvais élèves, comme en 2011.

"Il ne s'agit pas de tel ou tel échec d'une société en particulier; il ne s'agit pas d'un test du type 'ça passe ou ça casse'", avait déclaré Bernardino lundi, lors du sommet Reuters sur la régulation financière.

L'Eiopa pense enfin que les tests donneront aux superviseurs et aux compagnies d'assurance l'opportunité de voir comment fonctionne Solvency II pratiquement et d'identifier les points faibles à résorber.

(Avec Marcin Goclowski à Varsovie; Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant