Des ténors du PS dénoncent le mode de succession d'Aubry

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LE MODE DE SUCCESSION DE MARTINE AUBRY FAIT DÉBAT AU PS
LE MODE DE SUCCESSION DE MARTINE AUBRY FAIT DÉBAT AU PS

PARIS (Reuters) - Plusieurs figures du Parti socialiste, comme Harlem Désir et Jean-Jack Queyranne, se rebiffent contre le processus de succession à la tête de la formation majoritaire, qui verra selon eux Martine Aubry imposer de fait son candidat.

La dirigeante, qui doit arrêter cette semaine le choix de son successeur, a répondu par avance que les militants auraient à se prononcer lors du vote dans les sections socialistes prévu en octobre, avant le congrès de Toulouse.

Mais le favori de la maire de Lille figurera en tête des signataires de la motion de rassemblement qu'elle présentera avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et qui est assurée d'obtenir une très large majorité.

Le porte-parole du PS, David Assouline, a confirmé lundi que le choix de la première secrétaire serait connu "au plus tard le 12 septembre", jour où le PS tiendra un conseil national.

Or, Harlem Désir, numéro 2 du PS et candidat au poste de premier secrétaire avec le député Jean-Christophe Cambadélis, plaide pour un vote "libre" sur le nom du futur dirigeant, et non sur un texte incluant la future équipe dirigeante.

"J'entends ce que disent les militants et je constate qu'ils ne comprennent pas bien ce processus qui est en cours", a-t-il dit mardi sur Radio Classique. "Il faut que les militants puissent voter dans un vote libre, ouvert. Ce rassemblement autour d'une équipe ne doit pas dessaisir les militants de leur vote démocratique."

Jean-Jack Queyranne, président socialiste de la Région Rhône-Alpes, a été encore plus tranchant, disant espérer que le choix du successeur de Martine Aubry "ne sera pas circonscrit à un simple processus à la nord-coréenne".

RETOUR AU TEMPS DE L'URSS ?

Selon lui, le processus "paraît mal engagé vis-à-vis des militants qui ont le sentiment d'être dépossédés du choix". "On a l'impression d'en revenir au temps de l'URSS", a-t-il dit lundi dans Le Progrès.

Sur son compte Twitter, Gaëtan Gorce, sénateur de la Nièvre, s'est félicité de voir des voix s'élever contre ce qui risque de ressembler à un adoubement.

"Cela commence à bouger si j'en crois les déclarations de Désir qui admet la nécessité d'un vote direct. Essai à transformer !", a-t-il écrit.

Gaëtan Gorce avait déjà accusé Martine Aubry "mi-soviétique, mi-vaticane", d'avoir "réinventé une monarchie élective pour sa succession à la tête du PS".

David Assouline a rappelé que la motion de rassemblement serait soumise au vote des militants et qu'en son sein, seules deux candidatures s'étaient manifestées, celles de Harlem Désir et de Jean-Christophe Cambadélis.

Il pourrait y avoir d'autres candidats "s'il y a d'autres motions", a-t-il souligné.

Mais Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault ont répété à plusieurs reprises qu'ils espéraient un large rassemblement, cadres et ministres ayant été invités à signer la contribution - précédant la future motion - à l'exclusion de toute autre.

La quasi totalité des écuries ministérielles et des dirigeants se sont pliés à l'exercice.

Des conseillers cités par la presse ont laissé entendre que l'Elysée et Matignon laissaient carte blanche à Martine Aubry de peur qu'elle ne se ravise et décide de briguer un nouveau mandat.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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  • M6784830 le mardi 4 sept 2012 à 13:47

    C'est le meme procédé que pour Ségolène qu'on voulait placer à la Rochelle. Noir( Désir n'est pas désirable. Faire voter les personnes socialistes seraient plus désireux de leur choix.

  • docteur7 le mardi 4 sept 2012 à 13:41

    Ce sera peut être le poste de Ségolène, allez savoir ...

  • bigot8 le mardi 4 sept 2012 à 12:42

    ténors mdr ils se battent pour les rémunérations qui suivent les nominés ...gagner de l argent a rien faire l apanage d un socialo ...