Des techniciens nord-coréens regardent des images de la fusée Unha-3 dans la salle de contrôle du centre spatial de Tongchang-ri, le11 août 2012

le
0

Le Japon et les Philippines étaient en alerte maximale jeudi face au lancement imminent d'une fusée nord-coréenne condamné par la communauté internationale, qui fustige un tir d'essai déguisé de missile balistique en infraction des résolutions des Nations unies.La Corée du Nord a annoncé son intention de lancer une fusée Unha-3 entre le 12 et le 16 avril, entre 07H00 et 12H00 locale (22H00 GMT et 03H00 GMT), afin de placer en orbite héliosynchrone un satellite civil d'observation terrestre.La fusée n'a pas quitté son pas de tir jeudi dans l'intervalle de temps quotidien annoncé et le lancement ne devrait désormais pas intervenir avant vendredi, selon Séoul."Les possibilités que la fusée soit lancée aujourd'hui (jeudi) sont faibles", a indiqué un responsable gouvernemental sud-coréen cité par l'agence Yonhap. Le régime nord-coréen affirme que le satellite est à usage civil, mais les Etats-Unis et leurs alliés sud-coréen et japonais la soupçonnent de préparer un essai de missile balistique à longue portée.A l'ouverture d'un sommet du G8 mercredi à Washington, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a accusé Pyongyang de violer "de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies". "Nous sommes tous très attachés à la stabilité de la péninsule coréenne", a-t-elle ajouté.Le Japon et les Philippines se sont mis en alerte jeudi face au lancement imminent de la fusée dont la trajectoire devait survoler ou approcher leurs territoires.Le lanceur doit être envoyé dans l'espace depuis la base de Tongchang-ri, dans l'extrême nord-ouest de la Corée du Nord. Le premier étage doit tomber en mer Jaune, à l'ouest de la péninsule coréenne, et le deuxième étage à l'est des Philippines, en survolant une partie des îles d'Okinawa. "Nous sommes préparés à toute éventualité", a déclaré le Premier ministre japonais, Yoshihiko Noda devant des journalistes.A Ishigaki, une île du sud de l'archipel méridional japonais d'Okinawa située sous la trajectoire prévue de la fusée, les fonctionnaires se sont mobilisés de bon matin."Nous resterons en alerte chaque jour de 6H00 du matin à 14H00, jusqu'à lundi", a expliqué à l'AFP Choichi Ameku, un responsable de la municipalité d'Ishigaki.Les autorités ont conseillé aux habitants de l'île de ne pas rester dehors dans les minutes suivant le tir nord-coréen, et de ne pas approcher d'éventuels débris tombant à terre en raison de leur dangerosité, a-t-il expliqué.Evoquant la possible chute du lanceur ou de ses débris sur son territoire, le Japon s'est dit prêt à abattre la fusée si nécessaire au moyen d'intercepteurs antimissiles.Le gouvernement philippin a de son côté ordonné aux compagnies aériennes d'éviter une zone qui pourrait être affectée par la chute de débris, modifiant les trajets empruntés par une vingtaine de vols. Le lancement annoncé de la fusée coïncide avec les cérémonies du centenaire de la naissance du fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il-Sung, né un 15 avril et décédé en 1994.Le régime a profité de l'occasion pour installer son nouveau leader, le jeune Kim Jong-Un, petit-fils de Kim Il-Sung, aux plus hautes fonctions de l'Etat communiste.Kim Jong-Un, âgé de moins de trente ans, a été désigné "premier secrétaire" du parti unique, le Parti du Travail de Corée (PTC), et "président" de son puissant Comité militaire central.Devenu le nouvel homme fort du pays à la mort de son père Kim Jong-Il en décembre, il jouissait déjà du titre de commandant suprême des forces armées nord-coréennes, fortes de 1,2 million d'hommes, et qui possèdent un embryon d'arsenal nucléaire.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant