Des statistiques médiocres ont plombé Wall Street

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NEW YORK, 21 février (Reuters) - Wall Street a terminé en baisse jeudi, l'indice S&P-500 subissant son plus fort recul en deux jours depuis novembre, affectée par une batterie d'indicateurs économiques jugés médiocres, avec tous les doutes que cela suppose sur la réalité de la croissance économique.

Ces deux séances dans le rouge sont le premier repli significatif de la Bourse cette année. L'indice S&P-500 a gagné 5,4% jusqu'à présent cette année et affiche sept semaines de hausse d'affilée, ce qui le situe non loin d'un plus haut de cinq ans.

Témoins de l'anxiété qui agite à présent les investisseurs, l'indice de volatilité du CBOE .VIX - dit encore indice de la peur - a bondi de 3,7%.

L'indice Dow Jones .DJI a perdu 46,92 points (0,34%) à 13.880,62. Le S&P-500 .SPX a cédé 9,53 points (0,63%) à 1.502,42. Le Nasdaq Composite .IXIC a laissé 32,92 points (1,04%) à 3.131,49.

Parmi la batterie de statistiques tombées dans la journée, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont augmenté davantage que prévu aux Etats-Unis lors de la semaine au 16 février, tandis que l'activité industrielle de la région de Philadelphie s'est à nouveau, contre toute attente, contractée en février, à son plus bas niveau en huit mois en raison d'une chute des prises de commandes. (voir ID:nEAPAL0DI4 et ID:nEAPAL0E25 )

En Europe, la journée a été marquée par l'annonce d'un recul inattendu de l'indice PMI flash des services en février en zone euro et la poursuite de la baisse de l'activité manufacturière, suggérant une poursuite de la contraction du PIB au premier trimestre. ID:nL6N0BL510

"Les indices PMI européens ont vraiment porté un coup au marché", a affirmé Jack de Gan (Harbor Advisory). "Le marché attendait des signes montrant que la reprise est bien là mais les chiffres n'ont fait que mettre en lumière la persistance des problèmes de la zone euro".

"L'indice Philly Fed a été étonnamment faible et ne fait qu'ajouter aux inquiétudes sur la persistance de la croissance", a dit de son côté Brad Sorensen (Charles Schwab). "La seule croissance qu'on observe est molle".

Le S&P-500 et le Nasdaq ont subi mercredi leur plus forte baisse de l'année, les propos de la Réserve fédérale - tels que figurant dans le compte rendu de sa dernière réunion - ayant fait craindre qu'elle réfléchisse à deux fois avant de lancer de nouveaux stimulants économiques.

"Il semble que la dynamique haussière du marché s'essoufle avec un mouvement de consolidation des gains récents", a déclaré Adam Sarhan (Sarhan Capital). "Si le S&P enfonce sa moyenne mobile de 50 jours, quelque chose de plus sérieux pourrait se préparer".

Il faudrait que l'indice perde 1,9% pour toucher ce niveau de 1.473,58.

69,3% ONT BATTU LE CONSENSUS

Wall Street devra passer bientôt un nouveau test avec les coupes budgétaires censées se déclencher automatiquement le 1er mars, à moins que les parlementaires ne trouvent une autre alternative, et causer de sérieux dégâts à la croissance.

Parmi les autres indicateurs du jour, les prix à la consommation aux Etats-Unis sont restés stables en janvier pour le deuxième mois consécutif, tandis que le rythme de croissance de l'activité manufacturière aux Etats-Unis a ralenti en février, tout en restant près de son plus haut de neuf mois atteint en janvier, grâce à une demande intérieure soutenue.

ID:nWEA00ALO et ID:nWEA00ALR

L'indice des indicateurs avancés américains a progressé moins que prévu en janvier, des données qui suggérent néanmoins une poursuite de la croissance dans les mois à venir, cependant que les reventes de logements ont enregistré une légère hausse, de 0,4%, en janvier, ramenant le stock de logements à son plus bas niveau en 13 ans. ID:nWEA00ALV et ID:nL6N0BJD5B

Aux valeurs, Wal-Mart Stores WMT.N a annoncé jeudi un bénéfice trimestriel en hausse plus marquée que prévu, une fiscalité moins lourde qu'anticipé ayant compensé la faiblesse des ventes aux Etats-Unis pendant la période clé des ventes de fin d'année. ID:nL6N0BL8NC

L'action a perdu 0,77% à 37,28 dollars.

Selon des données Thomson Reuters, sur 427 sociétés du S&P-500 qui ont publié, 69,3% ont battu le consensus, à comparer à la moyenne de 62% depuis 1994 et de 65% sur les quatre derniers trimestres.

Les bénéfices trimestriels des sociétés du S&P-500 auraient augmenté de 5,9%, alors qu'une progression de 1,9% seulement était anticipée au début de la "saison" des résultats.

(Ryan Vlastelica et Edward Krudy, Wilfrid Exbrayat pour le service français)

 

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