Des soldats russes participent aux combats en Syrie-sources

le , mis à jour à 19:59
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* La Russie dément que ses "experts" combattent en Syrie * Elle envoie des renforts sur place * Une base aérienne tombe aux mains des rebelles (Précisions, sources libanaises, Fabius, Steinmeier) par Gabriela Baczynska, Tom Perry, Phil Stewart et Laila Bassam MOSCOU/BEYROUTH/AMMAN/WASHINGTON, 9 septembre (Reuters) - D es soldats russes ont commencé à participer à des opérations de combat en Syrie pour défendre le gouvernement du président Bachar al Assad, a-t-on appris mercredi de plusieurs sources libanaises au fait de la situation politique et militaire. Selon des sources américaines, la Russie a envoyé ces dernières heures en Syrie deux navires de débarquement de chars et des avions supplémentaires ainsi qu'une petite unité d'infanterie de marine. Un membre des forces syriennes avait auparavant fait état d'une augmentation du nombre de conseillers militaires russes au cours de l'année écoulée. Selon un responsable américain, les Russes mèneraient des travaux sur un aérodrome proche du port de Lattaquié, un bastion des forces fidèles au président Assad qui ont subi d'importants revers ces derniers mois. Moscou a confirmé avoir des "experts" sur le terrain mais a affirmé qu'ils ne participaient pas aux combats. Damas a également affirmé que les conseillers russes n'étaient pas directement engagés dans les opérations. La Russie dispose d'une base navale dans le port syrien de Tartous, un héritage de l'époque soviétique. Selon deux sources libanaises, qui ont requis l'anonymat, les Russes sont en train d'établir deux bases en Syrie, l'une près de la côte, l'autre plus à l'intérieur. "Les Russes ne sont plus seulement des conseillers, ils ont décidé de s'engager dans la guerre contre le terrorisme", a-t-on précisé. "Ils ont commencé par engager un petit nombre (de militaires), la force principale n'est pas encore entrée en action." NOUVEAU REVERS POUR L'ARMÉE GOUVERNEMENTALE Le ministère russe des Affaires étrangères a confirmé la présence d'experts militaires en Syrie mais assure qu'ils ne sont là que pour aider les autorités à prendre livraison des armes qui leur sont destinées et que Moscou admet leur fournir. D'autres mesures pourraient être prises si elles s'avéraient nécessaires pour combattre le terrorisme, a toutefois souligné un porte-parole du ministère. La télévision publique syrienne a annoncé mercredi matin que les rebelles s'étaient emparés d'une base aérienne dans le nord-ouest du pays, dans la province d'Idlib, après pratiquement deux années de siège. Elle a précisé que la base d'Abou al Douhour avait été évacuée par la garnison qui la défendait face aux insurgés, parmi lesquels des islamistes du Front al Nosra, la branche syrienne d'Al Qaïda. Selon l'observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG basée en Grande-Bretagne qui s'appuie sur un vaste réseau d'informateurs, l'armée gouvernementale est désormais complètement absente de la province d'Idlib mais deux villages chiites sont encore tenus par une milice pro-gouvernementale. Alliée historique de la Syrie, tout comme l'Iran, la Russie estime que le président Assad doit être associé à la lutte contre l'Etat islamique. Les Etats-Unis, qui réclament le départ d'Assad et ont pris le commandement de l'offensive aérienne internationale contre les djihadistes de l'EI, soupçonnent Moscou de vouloir fournir une aide plus appuyée à Damas et le font savoir depuis plusieurs jours. "PRÉPARATIFS INQUIÉTANTS" Selon un membre de l'administration américaine, "des préparatifs inquiétants" ont été observés en Syrie, comme le transport sur la base aérienne proche de Lattaquié de bâtiments préfabriqués où pourraient loger plusieurs centaines de personnes, ce qui pourrait annoncer un déploiement russe plus important. Pour le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, les informations sur l'envoi de nouvelles troupes russes en Syrie compliquent la recherche d'une solution à la crise. ID:nL5N11F43P Pour éviter que ses avions en partance pour la Syrie aient à survoler la Turquie, qui réclame elle aussi l'éviction d'Assad, la Russie cherche à passer au-dessus des Balkans, mais Washington fait pression sur les pays de la région pour qu'ils lui interdisent leur espace aérien. Selon l'agence Tass, la Grèce a autorisé le 31 août les avions russes à traverser son espace aérien dans le cadre de missions humanitaires en Syrie. Les autorités bulgares, qui leur avaient refusé la veille le survol de leur territoire, ont quant à elles annoncé mercredi qu'elles pourraient y consentir à condition que les avions puissent être inspectés. L'Allemagne a mis en garde la Russie, la France et la Grande-Bretagne contre un engagement militaire en Syrie, affirmant que le récent accord sur le programme nucléaire iranien et les nouvelles initiatives de l'Onu laissaient entrevoir une solution politique au conflit qui dure depuis quatre ans et demi. ID:nL5N11F3RJ (Nicolas Delame, Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français)

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  • kerken le mercredi 9 sept 2015 à 16:14

    Au moins eux agissent ?