Des signes d'espoir pour Alcatel-Lucent malgré une lourde perte

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ALCATEL-LUCENT DANS LE ROUGE EN 2013
ALCATEL-LUCENT DANS LE ROUGE EN 2013

par Gwénaëlle Barzic et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Alcatel-Lucent a récolté en 2013 les premiers fruits des réductions de coûts, du repositionnement des activités et des cessions d'actifs initiés par son directeur général Michel Combes, même si l'équipementier télécoms a subi à nouveau une lourde perte sur l'exercice.

Le groupe franco-américain a fait état jeudi d'une perte nette de 1,3 milliard d'euros en 2013, inférieure toutefois aux 2 milliards perdus l'année précédente, et a confirmé la totalité des objectifs de son plan de restructuration pour fin 2015.

"Nous commençons à reprendre notre avenir en main", a déclaré Michel Combes lors d'une conférence téléphonique, en rappelant que le plan Shift, qui vise à repositionner la société sur les segments porteurs des réseaux IP et l'accès au très haut débit, n'était mis en oeuvre que depuis six mois.

"Le plan transforme déjà en profondeur l'entreprise et nous conforte dans l'idée que nous avons fait les bons choix en termes de stratégie", a estimé le dirigeant qui a repris les commandes de l'équipementier depuis moins d'un an.

A 10h34, le titre gagnait 9,58% à 3,32 euros dans des volumes représentant 1,1 fois leur moyenne quotidienne des trois derniers mois sur NYSE Euronext. La valeur signe la plus forte progression du CAC 40, en progression de 0,79% dans des volumes équivalant à 57% de leur moyenne quotidienne habituelle.

Cette forte progression est pour partie alimentée par des détenteurs de positions courtes désireux de couvrir leurs positions, selon des traders. Selon des données Markit, 9% des actions d'Alcatel étaient aux mains d'investisseurs pariant contre la société.

Le marché salue les premiers signes d'avancées du plan Shift qui vise pour un milliard d'euros d'économies sur les coûts et pour un montant similaire de cessions d'actifs.

Après des mois de spéculations, Alcatel a ainsi annoncé jeudi avoir reçu une offre ferme de la société d'investissement en technologie China Huaxin pour son activité de fabrication d'équipements de téléphonie pour les entreprises, valorisant cette dernière à 268 millions d'euros.

Alcatel devrait ainsi avoir réalisé pour 350 millions d'euros de cessions sur l'ensemble de 2013.

"La valorisation est conforme aux attentes (un ratio valeur d'entreprise sur chiffre d'affaires de 0,4) mais c'est également un clair signal positif", estime Alexander Peterc, analyste à Exane BNP Paribas.

UN REPRENEUR CHINOIS POUR ALE

L'offre de China Huaxin, déjà partenaire d'Alcatel, prévoit la reprise de l'ensemble des salariés d'Alcatel-Lucent Enterprise (2.800 dans le monde dont 1.400 en France), a précisé Michel Combes, ajoutant qu'Alcatel conserverait pendant au moins deux ans une participation de 15% dans ALE.

"Nous ne connaissons pas cette société mais sa dépendance au gouvernement chinois ne nous rassure ni sur l'évolution de notre position en Europe ni sur le maintien des emplois en France à moyen terme", s'inquiète la CFDT d'ALE dans un communiqué.

Les investisseurs saluent également l'amélioration de la rentabilité d'Alcatel au quatrième trimestre malgré une évolution du chiffre d'affaires jugée inférieure aux attentes.

"Bien que les ventes aient été plus faibles que prévu, la marge brute du T4 et la marge opérationnelle ajustée sont supérieures à nos prévisions à la faveur d'une baisse des coûts opérationnels et d'une rentabilité élevée des divisions Coeur de réseau et Accès", estiment les analystes de Liberum.

Au quatrième trimestre, Alcatel a ainsi enregistré une nette amélioration de son résultat d'exploitation à 307 millions d'euros, contre 115 millions l'an dernier, tandis que sa marge brute est passée de 30,4% à 34,3% malgré une stabilité du chiffre d'affaires à 3,9 milliards d'euros.

Le marché attendait en moyenne un chiffre d'affaires de 4,16 milliards et une marge brute de 32,06%, selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S.

Cette amélioration s'explique notamment par une réduction de 104 millions d'euros des coûts fixes sur la période, portant à 363 millions le total pour 2013 alors que le groupe visait 250 à 300 millions.

En dépit de ces avancées, Alcatel n'a toujours pas réussi à résoudre son problème de forte consommation de trésorerie, l'exercice 2013 s'étant soldé par un flux de trésorerie libre négatif de 636 millions d'euros, sensiblement du même ordre qu'en 2012.

Michel Combes a réaffirmé que le groupe comptait retrouver un flux de trésorerie positif en 2015, ce qu'il considère comme sa priorité.

Avec Alexandre Boksenbaum-Granier et Blaise Robinson, édité par Dominique Rodriguez

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