Des roquettes tirées de Gaza visent Jérusalem et Tel Aviv

le
0

par Nidal al-Mughrabi

GAZA (Reuters) - Les militants palestiniens de la bande de Gaza ont poursuivi vendredi pour la troisième journée consécutive leurs tirs de roquettes sur Israël, visant notamment Jérusalem et Tel Aviv, sans faire de victimes.

Les tirs de roquettes à partir de Gaza se limitaient jusqu'ici au sud de l'Etat hébreu mais pour la première fois depuis la guerre du Golfe de 1991 l'alerte aérienne a dû être déclenchée jeudi soir à Tel Aviv.

L'espoir d'une trêve, un moment évoqué à l'occasion de la visite dans la petite enclave côtière palestinienne du Premier ministre égyptien, Hicham Kandil, s'est éloigné.

Israël, qui a commencé à rappeler 16.000 réservistes, a massé des troupes et des blindés près de la frontière avec Gaza, faisant craindre une offensive terrestre en prolongement des raids aériens.

"Ce n'est pas notre intention d'entrer en guerre et nous espérons que cette opération ne durera pas une minute de plus que nécessaire", a dit toutefois le président israélien, Shimon Pérès.

En décembre 2008 et janvier 2009, Israël avait mené une offensive de trois semaines à Gaza, l'opération "Plomb durci" qui avait fait 1.400 morts parmi les Palestiniens et treize chez les Israéliens.

Depuis mercredi et le lancement par Israël de l'opération "Pilier de défense", les affrontements ont fait côté palestinien 22 morts (huit militants dont le chef de la branche armée du Hamas, quatorze civils dont sept enfants) et trois morts, tous civils, côté israélien.

Le mouvement de la résistance islamique Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007, a revendiqué vendredi le tir d'une roquette Kassam en direction de Tel Aviv. L'engin a fini sa course dans la mer au large de la capitale économique israélienne, que deux roquettes avaient déjà visée jeudi.

Le Hamas a ensuite tiré une autre roquette Kassam en direction de Jérusalem, à 70 km de la bande de Gaza, où les sirènes d'alerte ont retenti pendant moins d'une minute. Selon les médias israéliens, cette roquette est tombée en dehors de la ville et n'a fait aucune victime.

SOUTIEN DE L'ÉGYPTE ET DE LA TURQUIE À GAZA

Dans la matinée, alors qu'une cinquantaine de roquettes s'abattaient sur le sud d'Israël, le Hamas a accusé l'aviation israélienne d'avoir visé la demeure du responsable du mouvement islamiste pour le sud de la bande de Gaza. L'armée israélienne a affirmé n'avoir mené aucune opération en raison de la visite sur place du Premier ministre égyptien.

Ce dernier est resté quelques heures dans la bande de Gaza pour afficher le soutien de l'Egypte au Hamas. "L'Egypte n'épargnera aucun effort pour tenter de mettre fin à l'agression (israélienne) et parvenir à une trêve", a dit Hicham Kandil.

Le président égyptien, Mohamed Morsi, a affirmé que son pays n'abandonnerait pas le territoire palestinien à son sort.

Il a estimé que les raids israéliens constituaient "une agression flagrante contre l'humanité". "L'Egypte d'aujourd'hui n'est pas l'Egypte d'hier et les Arabes d'aujourd'hui ne sont pas les Arabes d'hier", a-t-il dit.

Des milliers de personnes ont manifesté dans plusieurs villes d'Egypte pour marquer leur solidarité avec la population de Gaza.

En Turquie, le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, a dénoncé les raids israéliens, y voyant une manoeuvre de politique intérieure avant les élections législatives de janvier dans l'Etat hébreu.

Il a précisé qu'il évoquerait la crise actuelle avec Mohamed Morsi ce week-end au Caire. Le Premier ministre turc a ajouté qu'il aurait également dans la journée une conversation téléphonique avec le président américain Barack Obama.

Ankara, a-t-il poursuivi, voudrait aussi contacter le président russe Vladimir Poutine, face à l'éventualité d'une offensive terrestre de Tsahal dans l'enclave côtière palestinienne.

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, se rendra en Israël et en Egypte la semaine prochaine pour tenter de contribuer à l'instauration d'une trêve.

Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Rafik Abdesslem, se rendra à Gaza samedi pour affirmer le soutien de la Tunisie au mouvement Hamas.

A Bruxelles, la haute représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a dit son inquiétude devant la montée des tensions. Elle a demandé la fin des tirs de roquettes sur Israël et a exhorté les Israéliens à mesurer leur riposte.

Avec la rédaction de Jérusalem, Guy Kerivel pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant