Des ripoux au tribunal

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Le commissaire Collin explique que la tradition est de faire sauter tous les P-V des collègues.
Le commissaire Collin explique que la tradition est de faire sauter tous les P-V des collègues.

Dans le jargon policier, on les appelle des "indulgences". Un bien joli mot qui traduit, dans un langage moins châtié, une expression bien connue : "faire sauter les P-V". Mardi, devant le tribunal correctionnel de Paris, deux commissaires de police comparaissaient pour "corruption" et "trafic d'influence" passifs, ainsi que "violation du secret professionnel". Les deux flics sont soupçonnés d'avoir consulté des fichiers de police et d'être intervenu dans différentes procédures auprès de la préfecture, pour l'un, et d'avoir annulé des contraventions, pour l'autre. Mais surtout d'en avoir tiré toutes sortes d'avantages, chambres d'hôtel et bonnes bouteilles. Et, bien sûr, la tricoche, tradition selon laquelle les poulets fréquentent les tables parisiennes en laissant la douloureuse à leurs convives. Bref, pas de grande corruption ici, mais le procès de pratiques désuètes qui n'ont plus lieu d'exister.

Le premier prévenu, François Ottaviani, 64 ans, est l'ancien commissaire divisionnaire de Colombes. Cravate azur assortie à des yeux bleu clair, des cheveux blancs de plus en plus rares sur un front dégarni, Légion d'honneur épinglée sur un costume soigné, salaire confortable. L'homme décrit le champagne à 20 euros la coupe qu'il payait de bon coeur à ses invités lors de soirées dans la capitale. Des dîners qu'il rejoignait parfois grâce à sa voiture de fonction, le gyrophare allumé quelques secondes pour griller les feux rouges et...

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