Des responsables de la BCE sur la défensive face aux marchés-sces

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    par Francesco Canepa et Balazs Koranyi 
    FRANCFORT, 3 juillet (Reuters) - Plusieurs responsables 
monétaires de la Banque centrale européenne, échaudés par la 
brusque réaction des marchés à l'évocation par le président de 
l'institution Mario Draghi de possibles inflexions monétaires, 
s'interrogent sur l'opportunité de signaler lors de leur réunion 
de ce mois-ci qu'ils se rapprochent d'une sortie de leur 
politique ultra-accommodante. 
    D'échanges avec six représentants de la banque centrale dans 
différents pays de la zone euro, il ressort qu'ils ont été pris 
de court par la brusque hausse de l'euro et des rendements 
obligataires après les déclarations de Mario Draghi la semaine 
dernière.   
    Craignant d'affaiblir la reprise économique, certains 
responsables monétaires redoutent d'abandonner trop rapidement 
leur engagement à prolonger voire à augmenter le programme 
d'achats d'actifs de BCE en cas de nécessité pour atteindre 
l'objectif d'une inflation proche mais inférieure à 2% l'an.  
    Il est pratiquement acquis qu'une telle inflexion de la 
politique monétaire sera débattue lors de la réunion du conseil 
des gouverneurs le 20 juillet. Un renoncement à cet engagement 
pourrait toutefois être interprété par les investisseurs comme 
le signal que la BCE s'apprête à ralentir ses achats, qui ont 
contribué à maintenir les taux d'intérêt et l'euro à un bas 
niveau.  
    L'euro  EUR=  et les rendements des emprunts d'Etat 
allemands à 10 ans  DE10YT=RR , référence pour la zone euro, 
sont demeurent sensiblement au-dessus de leurs niveaux d'avant 
les déclarations de Draghi, en dépit de leur recul, lundi. Une 
évolution indésirable pour la BCE qui cherche à maintenir des 
conditions monétaires très accommodantes.  
    "Nous devons voir comment les marchés évoluent jusqu'à la 
réunion (de politique monétaire)", a dit l'une des sources. "Je 
dirais que nous devrions pencher pour la prudence." 
    Un porte-parole de la BCE s'est refusé à tout commentaire.  
     
    AJUSTEMENT EN SEPTEMBRE 
    L'accélération de la reprise au sein de la zone euro et une 
inflation installée au-dessus de 1% en rythme annuel ont poussé 
les responsables monétaires à considérer qu'une normalisation 
graduelle était opportune même s'ils ne sont pas d'accord sur le 
calendrier de mise en oeuvre.  
    Le mois dernier, la BCE a fermé la porte à des nouvelles 
baisses de taux et adopté une évaluation plus confiante de la 
situation économique de la zone euro, renonçant à deux "biais 
accommodants" dans son message de politique monétaire.  
    Les marchés ont absorbé ces changements en douceur et les 
économistes s'attendaient à ce que les responsables de la BCE 
renoncent dans la foulée à leur engagement "d'accroître le 
programme d'achats (d'obligations) en termes de taille et/ou de 
durée", si nécessaire.  
    Mais les représentants de la BCE auxquels Reuters a parlé ne 
sont plus si sûrs que cela interviendra lors de la réunion du 20 
juillet. 
    "Je pensais que nous laisserions tomber l'autre biais 
accommodant en juillet, mais après la réaction des marchés au 
discours de Draghi, j'en suis moins certain", a dit l'un des 
représentants de la BCE.  
    Une autre source a suggéré qu'une solution pourrait être de 
n'y renoncer que partiellement par exemple en omettant la 
référence à une augmentation de la taille des achats tout en 
conservant celle sur leur possible extension dans le temps ou 
vice versa.  
    Le message pourrait alors être à nouveau amendé en septembre 
lorsque la BCE disposera de projections actualisées sur 
l'inflation.  
 
 (avec Frank Sielbelt, Marc Joanny pour le service français, 
édité par Benoît Van Overstraeten) 
 
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