Des règles plus strictes pour redorer le blason du Libor

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    par Huw Jones 
    LONDRES, 18 mars (Reuters) - Les banques doivent suivre des 
règles plus strictes pour ce qui est de fixer le Libor afin de 
rétablir la confiance envers un taux étalon dont la réputation a 
été ternie par des tentatives de manipulation multiples, a 
déclaré l'IBA, l'organisme chargé d'en assurer la supervision. 
    Le London Interbank Offered Rate (Libor) est le taux de 
référence des opérations interbancaires quotidiennes, sur lequel 
s'appuient plus de 350.000 milliards de dollars de transactions 
de par le monde. 
    Le secteur bancaire a collectivement payé 20 milliards de 
dollars d'amendes pour avoir tenté de le manipuler, ce qui a 
abouti à prendre des mesures d'urgence comme la création de 
l'ICE Benchmark Administration (IBA). Celle filiale à 100% de 
l'opérateur boursier Intercontinental Exchange  ICE.N  agit 
comme administrateur indépendant du Libor, chargé de passer au 
crible les soumissions des banques. 
    L'IBA a publié vendredi une "feuille de route" censée rendre 
le Libor plus fiable, alors même que la Banque d'Angleterre et 
la Réserve fédérale étudient leur propre dispositif chacune de 
leur côté. 
    Finbarr Hutcheson, le président de l'IBA, a dit que d'ici au 
troisième trimestre 2016, les banques qui soumettent des 
cotations pour procéder au calcul du Libor devront suivre des 
règles plus rigoureuses, définissant plus clairement le type et 
le lieu des transactions sur lesquelles reposent ces cotations. 
    Seules pourront être soumises les cotations s'appuyant sur 
un nombre suffisant de transactions réelles, alors qu'à l'heure 
actuelle les cotations sont un mélange de transactions 
réellement effectuées et d'estimations bancaires. 
    L'IBA définit également plus rigoureusement ce que les 
banques doivent faire lorsqu'il n'y a pas suffisamment de 
données pour calculer un taux.  
    Ce nouveau dispositif est le fruit d'un an et demi de 
consultations avec les banques et les banques centrales de la 
planète.  
    L'IBA demande à présent aux intéressées un retour sur une 
mesure plus radicale qui imposerait aux banques de ne se fonder 
sur des transactions réellement effectuées, que l'administrateur 
lui-même reprendrait pour calculer le Libor, l'objectif étant 
d'instaurer la mesure en 2017. 
    Dans les faits, cette initiative se rapproche des 
désidératas des régulateurs américains qui réclament un taux de 
référence fondé exclusivement sur des transactions réelles et 
vérifiables, ce qui ôterait toutes possibilité aux banques 
d'influencer les cotations. 
    A l'heure actuelle, 20 banques fournissent des cotations 
pour le calcul des 35 variantes du Libor et il n'est pas 
envisagé d'en réduire le nombre. 
    "Ce que nous tentons de faire, c'est de réduire le profil de 
risque et d'encourager les banques à rester sur le long terme", 
a dit Hutcheson, quant au risque que les banques refusent de 
s'engager dans cette activité après les lourdes amendes 
imposées.  
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc 
Joanny) 
 
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