Des rebelles syriens prennent position dans une mosquée à Alep lors de combats avec l'armée, le 14 octobre 2012

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Le conflit sanglant en Syrie est entré lundi dans son 20e mois avec des combats acharnés entre insurgés et rebelles à travers le pays, sans aucune issue en vue, et une crise ouverte avec le voisin turc.Le blocage reste entier, les Occidentaux favorables au départ du président Bachar al-Assad et la Russie qui le soutient ne parvenant pas à trouver un terrain d'entente, et les efforts de l'émissaire international Lakhdar Brahimi, en nouvelle tournée régionale, n'ayant toujours pas abouti.A l'occasion d'une réunion ministérielle lundi à Bruxelles, l'Union européenne compte d'ailleurs infliger un nouveau train de sanctions contre le régime de M. Assad qui, sourd aux pressions, refuse de quitter le pouvoir et poursuit sans relâche sa guerre contre les rebelles qualifié de "terroristes".Les relations déjà exécrables entre la Turquie --qui soutient la rébellion et le régime syrien, se sont encore envenimés, les deux pays ayant fermé leur espace aérien aux vols civils.Dix-neuf mois après le début du conflit, déclenché par la répression brutale d'une contestation populaire pacifique dans le sillage du Printemps arabe, les combats ne cessent de faucher la vie de dizaines de personnes par jour, dont des femmes et des enfants, et de provoquer d'énormes destructions. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), plus de 33.000 personnes ont péri depuis le 15 mars 2011 en Syrie, alors que quelque 340.000 personnes ont pris la fuite dans les pays voisins et environ deux millions ont été déplacées à l'intérieur du pays et ont besoin d'aide selon l'ONU. Attaques rebelles tous azimuts Au lendemain d'une nouvelle journée de violences sanglantes au cours de laquelle 150 personnes, en majorité des civils, ont péri dimanche selon l'OSDH, insurgés et soldats continuent de se battre sur trois fronts principaux: province de Damas, Alep (nord) et Idleb (nord-ouest).A l'entrée nord d'Alep, autrefois le poumon économique du pays mais dévasté par de trois mois de bataille acharnée, les rebelles ont multiplié leurs offensives, tuant huit soldats dans une attaque contre un barrage, selon l'OSDH, qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins sur place.L'armée syrienne, forte de sa puissance aérienne, mène une contre-attaque au sud d'Alep et dans la région voisine d'Idleb pour reprendre des positions clés conquises par les insurgés, et tente de repousser une offensive rebelle contre la base militaire de Wadi Deif, la plus importante d'Idleb.L'opposition armée s'était emparée la 9 octobre de la ville stratégique de Maaret al-Noomane située sur la route reliant Damas à Alep, et a pu freiner l'acheminement des renforts militaires vers la métropole du Nord.Le blocage de son approvisionnement affaiblit l'armée qui peine déjà à faire face sur tous les fronts dans le pays. De plus selon des analystes, les troupes sont démoralisées après 19 mois de révolte, minées par les défections et privées de renforts.Au coeur d'Alep, l'armée a néanmoins repris dimanche le contrôle total de la mosquée historique des Omeyyades, selon une source militaire et une ONG.Human Rights Watch (HRW) a en outre accusé l'aviation du régime, couramment utilisée dans le conflit, d'avoir largué des bombes à sous-munitions. Crise ouverte avec Ankara Et le conflit risque de déborder. Anciens alliés, Ankara et Damas ont vu leurs relations s'envenimer après la mort de cinq civils turcs tués le 3 octobre par un obus syrien tombé dans un village turc à la frontière.La crise s'est encore aggravée après l'interception le 10 octobre par Ankara d'un avion de ligne syrien transportant, selon les autorités turques, des armes russes. Damas a démenti mais Moscou a reconnu que cet avion transportait du "matériel pour des stations radar" tout à fait "légal".Lors de la quatrième étape de sa tournée auprès des puissances régionales influentes dans le dossier, le médiateur Lakhdar Brahimi discutera lundi avec les dirigeants irakiens des moyens de mettre fin au conflit, après avoir reçu une proposition "détaillée" de l'Iran, principal allié de Damas dans la région.Le ministre iranien des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi, qui a remis cette "proposition informelle" à l'émissaire, pas détaillé le contenu de cette proposition. Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a dénoncé "la terreur en Syrie" et "les tentatives de casser" le pays, en allusion aux pays occidentaux.Evoquant l'ensemble des propositions faites par divers pays, M. Brahimi a dit espérer "que toutes ces idées s'organiseront au sein d'un projet capable de mettre fin au cauchemar du peuple syrien". Il avait souligné auparavant "l'urgence de trouver un moyen d'arrêter le bain de sang" en Syrie, où le conflit a fauché la vie De son côté, le Conseil national syrien (CNS), principale instance de l'opposition en exil, va tenter lors d'une réunion lundi au Qatar de surmonter ses divisions et son incapacité à imposer sa crédibilité.

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