Des rebelles syriens appuyés par les USA progressent vers Manbij

le , mis à jour à 14:55
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 (Actualisé avec réaction turque, précision sur le rôle des YPG) 
    BEYROUTH, 1er juin (Reuters) - Des combattants syriens 
soutenus par les Etats-Unis ont progressé en direction de la 
poche de Manbij, au nord-est d'Alep, une zone clef du nord de la 
Syrie tenue par les djihadistes de l'Etat islamique (EI), 
rapporte mercredi l'Observatoire syrien des droits de l'homme 
(OSDH). 
    Plusieurs villages ont été repris depuis le début de 
l'offensive, lancée mardi, et les forces rebelles ne sont plus 
qu'à quinze kilomètres de Manbij, dit-il. 
    Toujours selon l'OSDH, quinze civils, dont trois enfants, 
ont été tués au cours des vingt-quatre dernières heures dans des 
frappes de la coalition anti-EI qui accompagnent la progression 
de ces forces. 
    A Washington, plusieurs responsables de l'administration 
Obama avaient annoncé quelques heures plus tôt le lancement de 
cette opération après plusieurs semaines de préparatifs 
discrets. 
    La reprise de Manbij vise à priver l'EI d'accès au 
territoire turc, par où transitent ses combattants étrangers 
venant d'Europe ou y repartant. 
    "Il est significatif que ce soit le dernier passage qu'il 
leur reste", a déclaré un responsable militaire américain. 
    Des membres des forces spéciales américaines jouent le rôle 
de conseillers auprès des rebelles mais restent à distance de la 
ligne de front, ont précisé ces responsables américains qui ont 
requis l'anonymat.  
    "Ils seront aussi près qu'il est nécessaire pour que 
l'opération puisse se faire. Mais ils ne s'engageront pas 
directement dans les combats", explique-t-on. 
     
    LA TURQUIE DÉMENT APPUYER L'OPÉRATION 
    A Washington, on précise que l'opération sera menée par des 
Arabes syriens des Forces syriennes démocratiques (FSD) et non 
pas par les combattants kurdes des Unités de protection du 
peuple (YPG), que la Turquie considère comme un groupe 
terroriste. 
    En plus de l'appui aérien apporté par la coalition 
internationale, l'armée turque soutient elle aussi l'offensive, 
selon les sources militaires américaines, ce qu'un membre de 
l'état-major turc a démenti.  
    "Cette région se trouve à 40 km de la frontière turque, il 
est donc impossible pour la Turquie d'apporter son soutien. Il 
est en outre politiquement hors de question de soutenir une 
opération des YPG", dit-on de sources militaires à Ankara.  
    De sources américaines, on assure que les YPG ne 
représentent qu'un cinquième ou un sixième des effectifs engagés 
et que leur rôle se limite à évincer l'EI du secteur de Manbij.  
    Les combattants arabes syriens seront les seuls à stabiliser 
et à sécuriser la zone, après le départ de l'EI. "Après la prise 
de Manbij, l'accord prévoit que les YPG ne resteront pas (...) 
Aussi, vous aurez des Arabes syriens occupant la terre 
traditionnelle arabe syrienne", a expliqué un membre de 
l'administration américaine. 
    L'OSDH affirme en revanche que les miliciens des YPG 
constituent la majorité des forces lancées à l'assaut de Manbij. 
    L'opération pourrait annoncer une offensive à Rakka, 
capitale autoproclamée de l'Etat islamique en Syrie et objectif 
numéro un de l'armée américaine sur le terrain. 
    Priver l'EI de la poche de Manbij isolerait encore un peu 
plus les djihadistes et affaiblirait leurs capacités à acheminer 
des armes vers Rakka. 
    Le président américain Barack Obama a autorisé 300 
militaires des forces spéciales à opérer sur le terrain à partir 
de lieux tenus secrets en Syrie pour aider à organiser la lutte 
contre l'EI. 
 
 (Tom Perry et John Davison avec Phil Stewart à Washington; 
Danielle Rouquié, Henri-Pierre André et Jean-Philippe Lefief 
pour le service français) 
 
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  • charleco il y a 6 mois

    Ces combattants sont-ils des rebelles ou des soldats syriens? Dans le titre, il est question de rebelles, dans le texte il est question de combattants. La confusion est savamment entretenue, du grand art de la propagande des USA.

  • M1754721 il y a 6 mois

    Sur quel mandat international formel Washington se fonde pour justifier une telle intervention sur un territoire étranger, d’un pays membre de l’ONU ?

  • charleco il y a 6 mois

    L'explication est particulièrement confuse. Les USA soutiendraient les combattants syriens (soutenant Assad) contre l'EI. C'est tout à fait nouveau.