Des rebelles de l'Armée libre de Syrie dans les ruines d'un immeuble bombardé par l'armée, le 6 août 2012 près d'Alep

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L'armée syrienne bombardait mardi intensément la ville d'Alep, enjeu crucial du conflit en Syrie où un haut responsable de l'Iran devait rencontrer le président Bachar al-Assad.Au lendemain de la défection du Premier ministre syrien Riad Hijab, plus haut responsable à rompre avec le régime en 16 mois de crise, un nouveau général a fui en Turquie accompagné de 12 officiers, selon l'agence turque Anatolie.Le représentant du guide suprême iranien Ali Khamenei, Saïd Jalili, dont le pays est le principal allié du régime Assad, est arrivé le matin à Damas et devait tenir une conférence de presse en fin de journée, selon la télévision d'Etat iranienne.L'Iran accuse les Etats-Unis, l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie d'aider les rebelles à faire tomber le régime de Damas. Les insurgés et les Etats-Unis accusent en retour l'Iran de soutenir militairement le régime Assad.De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, doit se rendre brièvement en Turquie en fin de journée pour évoquer le sort de 48 pèlerins iraniens enlevés samedi dans la province de Damas. "Dans la mesure où l'Armée syrienne libre (ASL, rébellion) qui prétend avoir enlevé les pèlerins est soutenue par la Turquie, la visite du ministre vise à rappeler au gouvernement turc ses responsabilités dans cette affaire", a expliqué le ministère iranien des Affaires étrangères.Téhéran affirme que les captifs sont des pèlerins, tandis que la "brigade Al-Baraa", qui a revendiqué le rapt, assure qu'ils appartiennent aux Gardiens de la révolution, armée d'élite du régime islamique. D'après le groupe, trois Iraniens ont été tués lors d'un bombardement des forces du régime.Téhéran a affirmé que Washington était responsable de la vie des pèlerins compte tenu "du soutien flagrant des Etats-Unis aux groupes terroristes".Journée sanglanteCette activité diplomatique iranienne intervient au lendemain d'une journée sanglante qui a fait 226 tués, dont 147 civils, à travers en Syrie, un des bilans les plus lourds en seize mois de révolte contre le régime. A Alep, poumon économique dans le nord du pays, 26 personnes ont trouvé la mort.Mardi, des accrochages se déroulaient dans le centre de cette ville, dans plusieurs quartiers de l'est et l'ouest, notamment près du palais de justice, a précisé l'Observatoire syrien des droits l'Homme (OSDH), une ONG basée au Royaume-Uni qui se base sur un réseau de militants et de témoins. Les militants de l'opposition ont indiqué que l'armée utilisait des hélicoptères et bombardait le quartier de Hanano (est).L'armée a achevé dimanche l'envoi d'importants renforts à Alep, théâtre d'affrontements depuis le 20 juillet, et est désormais prête pour la bataille "décisive", selon une source de sécurité.D'après un responsable de la sécurité, au moins 20.000 militaires ont été déployés sur ce front, où les rebelles comptent pour leur part entre 6.000 et 8.000 hommes, d'après le journal al-Watan, proche du pouvoir.Les rebelles disent tenir la moitié de la ville et affirment que, malgré les bombardements, par l'artillerie et l'aviation, les soldats ne parviennent pas à avancer au sol.Face à l'escalade des violences, Riad Hijab, un sunnite nommé Premier ministre il y a deux mois par le président de confession alaouite, a fait défection lundi avec sa famille en Jordanie en raison des "crimes de guerre et de génocide" commis par le régime, selon son porte-parole, Mohamed Otri. Le ministre syrien de l'Information Omrane al-Zohbi a minimisé l'impact de cette défection. La télévision d'Etat a affirmé que Riad Hijab, qui fut un fidèle du régime, a été démis de ses fonctions et Omar Ghalawanji, vice-Premier ministre, a été désigné pour "expédier les affaires courantes".Mais pour Washington, les défections montrent que M. Assad a perdu le contrôle du pays.

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