« Des raisons d'espérer pour 2014 » par Sébastien Faijean du Cercle des analystes indépendants

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Sébastien Faijean, directeur associé d'IDMidcaps, estime que le rattrapage de la décote sur les valeurs moyennes s'est opéré
Sébastien Faijean, directeur associé d'IDMidcaps, estime que le rattrapage de la décote sur les valeurs moyennes s'est opéré

Les valeurs moyennes ont rattrapé leur retard de valorisation sur les grandes valeurs. Mais elles restent bien positionnées pour capter la croissance attendue en 2014. Attention toutefois en cas de déception sur les résultats du T1 prévient Sébastien Faijean, directeur associé d'IDMidcaps et membre du Cercle des analystes indépendants.

Après la hausse de près de 24% des indices valeurs moyennes (Cac Mid and Small) depuis le début de l'année, quel potentiel reste-t-il pour 2014 ? Si apporter une réponse tranchée dans un environnement économique qui demeure fragile apparaît éminemment périlleux, certains éléments objectifs peuvent néanmoins pousser à un optimisme tempéré.

Tout d'abord le segment des valeurs moyennes reste le plus rémunérateur lorsque l'on doit investir en Bourse. Et cette année il aura encore surperformé les grandes valeurs ce qui a été le cas 8 fois sur les 11 dernières années. Sur cette période, le CAC MandS affiche une progression de 182% alors que le CAC 40 n'a progressé que de seulement 40%. Quant à la meilleure performance du CAC 40, elle revient sur la période notamment à Vallourec qui était en 2002 une valeur moyenne puisque sa capitalisation était de l'ordre de 500MEUR.

Les raisons de cette surperformance sont désormais bien connues : capacité à croître plus vite que les grandes valeurs alliée à une plus grande réactivité et à une structure capitalistique souvent familiale. Ainsi les 32 sociétés non financières qui composaient le CAC 40 (ou plutôt 32) à fin 2004 ont vu leur chiffre d'affaires croître de 29% en 8 ans et leur résultat opérationnel courant (ROC) de 2% tandis qu'en en moyenne leur BNpa (bénéfice net par action) est resté stable.

A contrario, sur les 175 valeurs (hors financières et foncières) du CAC MandS, 42 valeurs ont quitté la cote et le CA cumulé des 133 autres a augmenté de 54% en 8 ans tandis que leur ROC a progressé de 29%. Surtout, 32 valeurs appartenant à cet indice ont vu leur capitalisation plus que doubler alors que 40 ont vu leur capitalisation diminuer de plus de 50%. Moralité : il vaut mieux investir dans des petites valeurs qui ont le potentiel de devenir des grandes que dans des grandes valeurs qui sont devenues des petites valeurs. Et les exemples sur la cote parisienne ne manquent malheureusement pas...

Pour rassurer ceux qui se demandent si une bulle ne s'est pas formée, il apparaît évident que le rattrapage de la décote sur les valeurs moyennes s'est opéré. Même si on reste encore très loin des multiples d'avant 2008. Car pendant la crise, les dirigeants des Small and Midcaps n'ont pas chômé : le chiffre d'affaires cumulé des 235 valeurs moyennes suivies par IDMidCaps est attendu en 2013e à plus de 225MdEUR en hausse de 1,6% par rapport à 2012... mais supérieur à plus de 26% à celui réalisé en 2007. En termes de résultat opérationnel, le parcours est moins brillant, mais néanmoins honorable, puisqu'en valeur absolue il est resté stable à environ 15MdsEUR. Jusqu'en septembre, les multiples de valorisation pour les Small and Midcaps étaient en ligne avec ceux des dernières années, mais depuis le gain de 10% du CMS et l'abaissement de nos prévisions, le discount de près de 30% observé par rapport au multiple de P/CF de l'ordre de 30% a été réduit de moitié. Ce qui ouvre évidemment le débat pour 2014 car les multiples montrent que les investisseurs anticipent une reprise en 2014 mais qui pour l'instant tarde à se manifester dans les niveaux d'activité même si le 1er semestre a montré un arrêt de la dégradation de la tendance pour les small alors que la croissance a été mieux orientée pour les valeurs du Mid 60.

Si la croissance constatée au 1er semestre et anticipée en 2013 sur le segment a été donc tirée par les grandes valeurs moyennes du fait de leur plus grande exposition aux économies émergentes, il faut désormais que les anticipations en termes de croissance pour 2014e se concrétisent. Notre bureau de recherche anticipe une croissance du CA cumulé sur 235 valeurs de 3,6% à 233MdsEUR et de plus de 15% pour le résultat opérationnel à un peu plus de 17MdsEUR. Il faut en effet souligner que la structure des coûts de ces entreprises a dû être optimisée avec la crise et que par conséquent toute amélioration de l'environnement économique devrait avoir un effet de levier sur les résultats toutes choses égales par ailleurs. C'est bien là que se situe le risque en 2014. Car si les anticipations sur la reprise devaient tarder à se concrétiser, une correction serait inévitable. Correction qui pourrait intervenir à l'issue de la publication des T1. D'ici là des facteurs de soutien existent au premier rang desquels le lancement du PEA-PME qui si la collecte reste incertaine a déjà eu un effet avec le rattrapage opéré par les petites valeurs (CAC Small) face au Mid60.

Si la collecte devait atteindre le montant de 2MdsEUR l'impact mécanique sur les valeurs concernées (de l'ordre de 400 éligibles en France) serait selon nos estimations de 5 à 6%. Il s'agit de toute façon d'une bonne nouvelle puisque depuis la faillite de Lehman Brothers, on ne peut pas dire que les investisseurs aient beaucoup investi dans les actifs cotés et peu liquides. Malgré les performances très bonnes des fonds de cette catégorie (qui sont aussi nos clients), la collecte a été globalement négative mais ce mouvement s'est inversé de manière notable ces derniers mois. En synthèse, des entreprises affutées, une collecte qui redémarre, des multiples de valorisation encore relativement attractifs pour 2014 si la croissance devait repartir sont autant d'éléments qui nous rendent positifs. Mais toute déception sur les anticipations se paiera au prix fort...

Sébastien Faijean

Le Cercle des analystes indépendants est une association constituée entre une douzaine de bureaux indépendants à l'initiative de Valquant, la société d'analyse financière présidée par Eric Galiègue, pour promouvoir l'analyse indépendante.

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  • M4358281 le vendredi 22 nov 2013 à 14:37

    des raisons d'espérer la faillitte

  • mark92 le mardi 19 nov 2013 à 16:35

    Comme les agences de notations ..Plus aucune confiance.Allez vous faire voire avec vos voyances.Madame Soleil....