Des proches de victimes de Merah reçus par Manuel Valls

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TOULOUSE (Reuters) - Des proches de victimes de Mohamed Merah ont été reçus jeudi à la préfecture de Toulouse par le ministre de l'Intérieur à qui ils ont transmis des "doléances" concernant l'enquête et le traitement réservé aux familles endeuillées.

Le père du caporal Abel Chennouf et le frère du maréchal des logis chef Imad Ibn Ziaten, deux des sept personnes tuées en mars par le jeune toulousain qui se réclamait d'Al Qaïda, ont eu un entretien de 30 minutes avec Manuel Valls en compagnie de leurs avocats.

Avec eux se trouvait aussi l'avocate de Loïc Liber, militaire gravement blessé à Montauban par Mohamed Merah.

Le ministre les a assurés qu'il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour que toute la vérité éclate, ont-ils annoncé à leur sortie de l'entretien.

"On était un peu dans le flou mais on a eu quelques assurances du ministre de l'Intérieur. Il va faire remonter les doléances qu'on lui a faites vers le président de la République, pour éventuellement le rencontrer fin novembre, début décembre", a dit à la presse Albert Chennouf.

Concernant la possible déclassification de documents sur les liens entre la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et Mohamed Merah, Manuel Valls a renouvelé son engagement de contribuer à l'enquête.

"M. Valls nous a juré, nous a promis qu'il remettrait tous les documents en sa possession concernant la vérité, à une condition : celle qui touche à la Nation (...) et à la sécurité", a ajouté Albert Chennouf.

MAL-ÊTRE DES VICTIMES

Des doutes sont apparus sur le rôle de la DCRI, qui est soupçonnée d'avoir utilisé Mohamed Merah comme informateur et sur le moment choisi par les forces de l'ordre pour l'interpeller, trop tardif aux yeux de certaines familles de victimes.

Pour Samia Maktouf, avocate de la famille d'Albert Chennouf et de membres de la famille Ibn Ziaten, les proches de victimes ont eu ces derniers mois le sentiment d'être livrés à eux-mêmes.

"Nous avons accepté de venir et de faire part de ce mal-être que vivent les victimes", a-t-elle déclaré.

"Différentes demandes ont depuis très longtemps été adressées aux différents ministères. Nous avons même fait appel à l'arbitrage du président de la République des demandes de reconnaissance de 'mort pour la France', que ces militaires (...) soient décorés à titre posthume", a poursuivi l'avocate, faisant également état de besoins financiers.

"Aujourd'hui (les proches) ne sont pas en mesure d'assurer leur défense. L'instruction se déroule à Paris, toutes les parties civiles sont amenées à couvrir beaucoup de dépenses de leur propre poche. Rien n'est remboursé à ce jour. M. Chennouf a même eu à présenter une fiche à M. Valls à hauteur de 1.700 euros, sachant qu'il est retraité et qu'il ne touche que 700 euros."

Manuel Valls était attendu dans l'après-midi à l'espace du judaïsme de Toulouse pour une rencontre avec des membres de la communauté juive, très éprouvés en mars par la mort de quatre personnes dont trois enfants, tués par Mohamed Merah dans l'école Ozar Hatorah.

Jean Décotte, édité par Yves Clarisse

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