Des proches de François Hollande prêchent une nouvelle phase

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DES PROCHES DE FRANÇOIS HOLLANDE DEMANDE UNE NOUVELLE PHASE DU QUINQUENNAT
DES PROCHES DE FRANÇOIS HOLLANDE DEMANDE UNE NOUVELLE PHASE DU QUINQUENNAT

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Des proches de François Hollande le pressent d'entamer une deuxième phase du quinquennat consacrée à améliorer le sort des Français après une première année difficile, certains prônant même un affrontement avec Berlin pour en finir avec la rigueur.

A l'approche du premier anniversaire de son élection, le 6 mai, l'impatience gronde à l'égard du président socialiste au plus bas dans les sondages, dont les débuts à l'Elysée ont été marqués par une poursuite de la hausse continue du chômage.

Dans Le Monde, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, conseille d'entamer sans attendre un "nouveau temps du quinquennat". Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, évoque dans Les Echos le passage à une "phase offensive" après des mois consacrés à éponger une multitude de plans sociaux.

Ces conseils font écho au malaise des parlementaires de la majorité, où certains expriment leur désaccord avec une politique économique jugée trop austère et d'autres regrettent la surdité de l'exécutif à leur égard.

"Il est désormais temps de tirer des leçons pour envisager le nouveau temps du quinquennat. Nous ne pouvons pas continuer avec un groupe socialiste qui ne se sent parfois pas écouté, un groupe écologiste qui ne sait pas exactement s'il veut rester ou partir, et un groupe communiste qui a l'impression de ne pas être entendu", dit Claude Bartolone dans Le Monde de vendredi.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a promis aux députés PS de mieux les associer aux décisions gouvernementales, répondant aux doléances exprimées lundi lors d'un séminaire d'élus.

"REPRÉCISER NOTRE ACTION POLITIQUE"

"Pris que nous sommes dans l'action, on n'a peut-être pas suffisamment de dialogue en amont avec les parlementaires", dit-on à Matignon à propos de ces "récriminations justifiées".

Dans sa campagne, François Hollande avait annoncé un quinquennat en deux parties : deux années d'efforts difficiles suivies de trois autres permettant d'en récolter les fruits.

Le chef de l'Etat a reconnu depuis avoir sous-estimé la durée de la crise économique.

Après une année où "le Parlement n'a jamais autant travaillé depuis dix ans", Claude Bartolone juge utile de "repréciser notre action politique pour les années qui viennent".

S'il juge "secondaire" la question d'un remaniement gouvernemental, à laquelle François Hollande reste réticent, l'élu demande de s'intéresser à la vie quotidienne des Français via des mesures sur la santé, le logement ou le pouvoir d'achat.

Un texte sur la consommation sera présenté mercredi prochain en conseil des ministres. Il en sera de même "avant l'été" pour une loi sur le logement, précise-t-on à Matignon.

Après des mois plombés par une avalanche de plans sociaux, Stéphane Le Foll prône une deuxième phase du quinquennat "offensive", centrée "sur la relance de l'investissement".

Un constat partagé par les services du Premier ministre. "A peine étions-nous arrivés que nous avons eu une flopée de plans sociaux qui sont tombés", rappelle un conseiller. "Cette avalanche de plans sociaux, on ne l'aura pas dans la deuxième ou la troisième année du quinquennat".

"TENSION TOUT COURT" AVEC MERKEL

Dans l'esprit de Stéphane Le Foll, la gauche doit changer de braquet.

"Elle a longtemps pensé que la relance ne passait que par la dépense publique et l'emprunt", dit-il. "Aujourd'hui, c'est l'investissement productif qui permettra de relancer l'activité et donc de sécuriser notre modèle social. La gauche doit penser le post-keynésianisme."

Le ministre réaffirme par ailleurs la "stratégie de long terme" d'assainissement des finances publiques chère au président de la République.

Claude Bartolone se place pour sa part au rang des partisans d'une confrontation politique avec l'Allemagne pour échapper à une politique de rigueur propice selon lui au populisme.

La France est "la mieux placée pour tous ceux qui estiment que l'Europe ne peut pas être que la rigueur", incarnée selon lui par la chancelière Angela Merkel, en campagne en vue des élections législatives en septembre.

Pour Claude Bartolone, la "tension amicale" entre Paris et Berlin évoquée par François Hollande, "c'est la tension tout court et, s'il le faut, la confrontation".

Reprenant des thèmes de la gauche du PS et du Front de gauche, il rappelle que près de 75% des exportations de l'Allemagne se font avec des pays de l'Union européenne et 50% dans la zone euro. "Peut-elle continuer à ruiner tous ses clients ?", s'interroge-t-il.

Angela Merkel, qui est la cible de critiques virulentes en Grèce, en Espagne, au Portugal et en Italie, se montre de plus en plus irritée par ce qu'elle estime être un procès d'intention instruit par ses partenaires européens.

Au moment où la Banque centrale européenne envisage de baisser ses taux d'intérêt pour soutenir une croissance économique atone, la chancelière, forte de l'insolente santé économique de son pays, estime que, pour l'Allemagne, une "lègère hausse des taux" serait plutôt nécessaire.

Edité par Yves Clarisse

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  • jmidy le jeudi 25 avr 2013 à 17:03

    On croyait pourtant qu'il avait mis ses ministres au garde à vous il y a 15 jours...terriblement martial,...mais personne ne veut l'écouter, c'est pas juste!...

  • chatnour le jeudi 25 avr 2013 à 16:28

    La seule nouvelle phase qu'on puisse lui proposer, c'est la démission et/ou l'échafaud !

  • j.tavern le jeudi 25 avr 2013 à 16:10

    La France manque de concepteurs et designers comme par exemple l’automobile ou l’instrumentation (appareils de mesure). Les bagnoles françaises sont moches et pas solides quant à la technologie pas ou peu d’appareils compétitifs exportables d’où déficit de créativité et invention dans la qualité et la robustesse comme en Allemagne par exemple.

  • M1531771 le jeudi 25 avr 2013 à 16:06

    M.D.R...!

  • M4709037 le jeudi 25 avr 2013 à 15:53

    Bartolone ne doit pas faire diversion. Il doit d'abord s'expliquer sur l'origine de sa fortune qui lui a permis de se faire construire une maison d'architecte plus que confortable (380m² dit-on).