Des problèmes sur les ailes de l'A350 d'Airbus

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RETARD DANS L'ASSEMBLAGE DE L'A350 EN RAISON DE DIFFICULTÉS SUR LES AILES
RETARD DANS L'ASSEMBLAGE DE L'A350 EN RAISON DE DIFFICULTÉS SUR LES AILES

par Victoria Bryan et Tim Hepher

FARNBOROUGH, Grande-Bretagne (Reuters) - Airbus rencontre des problèmes liés au perçage de trous dans les ailes de son nouveau long-courrier A350, ce qui a contribué à faire baisser mercredi l'action de sa maison-mère EADS, des analystes signalant que ces difficultés prenaient plus de temps que prévu à résoudre.

Le responsable du programme A350, Didier Evrard, a fait état mercredi d'un retard d'environ quatre semaines lié à un problème avec le robot qui percera les ailes de l'avion, selon une porte-parole de l'avionneur européen.

"L'assemblage final de l'A350 progresse bien, mais il y a des problèmes dans le perçage de trous dans les ailes, qui prend plus longtemps que prévu", écrivent les analystes d'UBS dans une note.

"Il n'est pas possible de quantifier l'impact de ces retards, mais nous estimons qu'ils sont bien intégrés dans notre scénario de base - à savoir un retard d'un an et un dépassement de coût d'un milliard d'euros (1,25 euro par action)".

Le numéro deux d'Airbus a réaffirmé que le calendrier de l'A350 pouvait être tenu, mais restait serré.

"Je dirais qu'avec l'A350 nous avons fait de grands progrès. Nous avons livré (les sections du premier appareil test) comme promis à la ligne d'assemblage final. Le calendrier global de nos engagements est toujours tenable, mais présente un défi", a dit Gunter Butschek à Reuters.

Certains analystes craignent cependant que les problèmes de perçage des ailes entraînent des charges financières.

L'action EADS a perdu 4,7% mercredi, après avoir progressé de 16,9% depuis le début de l'année.

"L'action EADS a reculé aujourd'hui principalement en raison d'inquiétudes sur une éventuelle charge au deuxième trimestre", a commenté Nick Cunningham, analyste chez Agency Partners.

Un porte-parole d'EADS a confirmé que des réunions d'analystes avaient eu lieu pendant le salon de Farnborough, qui se tient cette semaine près de Londres.

NERVOSITÉ DES INVESTISSEURS

L'A350, construit à l'aide de composites de carbone, vise à concurrencer le 787 Dreamliner de Boeing's, le premier avion construit principalement avec ces matériaux alternatifs plus légers.

Le Dreamliner a accumulé trois ans de retards, dont l'un lié à la conception de ses ailes.

La première livraison de l'A350, prévue à l'origine à la mi-2013, a quant à elle été repoussée à la mi-2014.

Le président exécutif d'Airbus, Fabrice Brégier, a déclaré mardi que le processus d'assemblage avait démarré pour l'A350, mais que certains domaines nécessitaient encore du travail.

"C'est normal. Nous évoluerons progressivement l'année prochaine vers le premier vol", a-t-il dit à Farnborough.

Airbus a dit qu'il continuait à surveiller l'A350 de très près.

"Dans tous les programmes de développement entièrement nouveaux, il y a toujours un risque. Nous surveillons continuellement l'évolution du programme", a déclaré Stefan Schaffrath, le principal porte-parole d'Airbus.

Selon Bloomberg, le directeur commercial d'Airbus John Leahy a déclaré qu'il serait difficile d'atteindre l'objectif de 30 commandes du très gros porteur A380 cette année.

Plusieurs analystes disent avoir déjà intégré une prévision plus basse, de l'ordre de 26-27 commandes pour le plus gros avion de ligne du monde, en raison de problèmes liés à des micro-fissures dans les ailes.

Mais certains d'entre eux soulignent aussi que les investisseurs sont devenus nerveux avec le ralentissement du rythme des commandes, comme le montre l'absence de grosses surprises au salon de Farnborough, un an après le festival de commandes du salon du Bourget.

"Pour nous, c'est une nouvelle preuve de la nervosité générale des investisseurs, les développements (de programmes) et les commentaires négatifs sur le secteur de l'aéronautique retenant davantage l'attention que les nouvelles positives (commandes du Boeing 737 MAX, bonne résistance du trafic aérien mondial, baisse du prix du pétrole)", constate Rob Stallard, analyste chez RBC Capital Markets dans une note.

Cyril Altmeyer et Blandine Hénault pour le service français, édité par Natalie Huet

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