Des pro-putschistes au Burkina attaquent l'hôtel des médiateurs

le , mis à jour à 15:30
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par Matthieu Bonkoungou et Nadoun Coulibaly OUAGADOUGOU, 20 septembre (Reuters) - Des partisans des putschistes au Burkina Faso ont fait irruption dimanche dans l'hôtel de Ouagadougou où les médiateurs devaient finaliser un plan de sortie de crise, rapportent des témoins. Des personnalités devant assister à ces discussions ont été agressées à leur arrivée à l'hôtel Laico, ajoute-t-on de même source. Mais la plupart des participants étaient déjà sur place, dont l'ambassadeur de France à Ouagadougou, Gilles Thibault. "Je suis avec mes collègues, nous allons bien. Nous ne sommes pas pris en otage, nous somme libres", a-t-il déclaré sur son compte Twitter. L'ambassade des Etats-Unis a confirmé que son ambassadeur était sain et sauf. Le président béninois Thomas Boni Yayi, qui mène une médiation à Ouagadougou avec son homologue sénégalais Macky Sall, a annoncé samedi soir que le gouvernement de transition déposé mercredi par un coup d'Etat militaire allait être rétabli et que les détails du plan seraient annoncés ce dimanche. (voir ID:nL5N11P0OB ) On ignore à ce stade si les discussions prévues dans la journée pourront avoir lieu. Macky Sall, qui mène la médiation en tant que président de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), a cependant quitté les lieux. Et la situation reste tendue dans la capitale du Burkina Faso. Dans un message consulaire diffusé en fin de matinée, l'ambassade de France recommande "un confinement immédiat à domicile" aux ressortissants français présents à Ouagadougou "en raison de la multiplication des manifestations ce matin, qui peuvent prendre un tour dramatique". Certains des manifestants de dimanche portaient des banderoles en soutien aux putschistes du général Gilbert Diendéré. "Ils ont envahi l'hôtel, c'était violent", a rapporté un journaliste de Reuters. "Ils ont agressé d'anciens membres de l'opposition à leur arrivée. L'un d'eux a dû être exfiltré de la foule par les forces de sécurité." Ce journaliste a dit avoir reconnu parmi les manifestants plusieurs militants du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti de l'ex-président Blaise Compaoré chassé par la rue en octobre 2014 après 27 années passées au pouvoir. Samedi soir, le président béninois avait déclaré à la presse, à l'issue de nouvelles discussions avec le général Diendéré, que la transition en cours depuis la chute de Compaoré allait être relancée sous la conduite de civils, et notamment du président de transition, Michel Kafando, brièvement détenu par les putschistes. Le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) commandé par le général Diendéré a renversé le gouvernement de transition et annoncé jeudi la création d'un "conseil national pour la démocratie". Diendéré, proche de Compaoré dont il fut le chef des renseignements, a affirmé que l'ex-président n'avait joué aucun rôle. Le coup d'Etat, a-t-il expliqué, a été mené pour empêcher le démantèlement de la garde présidentielle et parce que plusieurs anciens alliés de Compaoré n'étaient pas autorisés à se présenter aux élections prévues le 11 octobre et censées parachever la transition. Le putsch a été condamné par les Etats-Unis, la France, ancienne puissance coloniale, et les Nations unies, qui ont réclamé la reprise du processus de transition démocratique. (Mathieu Bonkoungou et Nadoun Coulibaly; Henri-Pierre André pour le service français)

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