Des policiers escortent des élèves du collège juif Ozar Hatorah à Toulouse, le 19 mars 2012

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La campagne pour la présidentielle française a été de facto suspendue lundi après la fusillade dans un collège juif à Toulouse (sud-ouest), les deux principaux candidats -le président Nicolas Sarkozy et le socialiste François Hollande- se rendant immédiatement sur place. Alors que l'hypothèse d'un "loup solitaire" ayant frappé devant l'école de Toulouse après avoir déjà tué trois soldats d'origine maghrébine se précise, la mort de quatre personnes, dont trois enfants, a soulevé une immense émotion en France, jusque dans les quartiers généraux des candidats à la présidentielle du 22 avril et 6 mai prochains.Le chef de l'Etat français, Sarkozy, en lice pour un second mandat de cinq ans, a le premier annoncé qu'il se rendait immédiatement sur place, accompagné du ministre de l'Education Luc Chatel et de Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).Sur les lieux, il a qualifié à la mi-journée la fusillade de "tragédie nationale" et assuré qu'"absolument tout sera mis en oeuvre pour retrouver" le tueur.Une minute de silence sera respectée mardi dans les écoles du pays a déclaré le président, indiquant que le ministre de l'Intérieur Claude Guéant resterait sur place pour superviser l'enuqête "le temps qu'il faudra".A cinq semaines du premier tour et alors que les écarts se resserrent entre les candidats de tête, le favori des sondages, le socialiste François Hollande, a également annoncé son départ immédiat pour Toulouse pour manifester son "émotion" et sa "solidarité" avec les familles et la communauté juive, bouleversant son programme.Dans un communiqué, il a dit avoir appris "avec horreur" la tuerie. "Cet acte, dont le caractère antisémite est aussi évident qu'abject, frappe des familles dans ce qu'elles ont de plus cher, leurs enfants, et endeuille toute la nation". "Chacun comprendra qu'à ce jour la campagne présidentielle est suspendue pour saluer la mémoire des enfants et de l'enseignant lâchement assassinés à Toulouse", a souligné un peu plus tard le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon.La candidate du principal parti d'extrême droite, Marine Le Pen, donnée troisième dans les sondages, a pour sa part condamné une "fusillade criminelle" et a demandé "aux pouvoirs publics de tout mettre en oeuvre pour empêcher un nouveau drame". Sans toutefois se rendre sur place.Le tireur, qui se déplaçait à scooter et muni de deux armes, a tué un professeur de religion de 30 ans, ses enfants de 3 et 6 ans, et un autre enfant de 10 ans. Cette tuerie est la plus meurtrière depuis l'attentat de la rue des Rosiers à Paris, qui visait la communauté juive et avait fait 6 morts et 22 blessés en 1982.La France compte plus de 500.000 juifs, la plus importante communauté d'Europe occidentale.Si les questions d'antisémitisme ou la politique d'Israël ne sont pas présentes dans la campagne électorale, le débat sur les étrangers et sur la place de l'islam en France a été lancé par le président sortant comme par la candidate d'extrême droite.Nicolas Sarkozy a notamment estimé qu'il y avait "trop d'étrangers" en France et avait critiqué la viande halal, prêtant le flanc à des accusations de droitisation de sa campagne électorale.Il a fait ces derniers jours une remontée dans les sondages et est au coude à coude avec François Hollande dans les intentions de vote au premier tour (autour de 27,5% selon une enquête OpinionWay-Fiducial publiée vendredi). Il est en revanche donné perdant au second tour avec 45% des voix contre 55% pour son rival socialiste.La campagne devait entrer lundi soir dans sa phase officielle, avec l'officialisation de la liste des candidats, qui devraient être une dizaine.

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