Des plaintes non prescrites dans l'affaire de pédophilie de Lyon

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    PARIS, 10 juin (Reuters) - La cour d'appel de Lyon a 
confirmé vendredi que quatre des 67 plaintes déposées par 
d'anciens scouts contre le père Bernard Preynat pour des faits 
d'agressions sexuelles sur mineurs n'étaient pas prescrites, 
ouvrant la voie à des poursuites. 
    Les avocats du prêtre, qui a reconnu les faits, considèrent 
que les faits reprochés sont juridiquement prescrits depuis 1998 
et ont annoncé leur intention de se pourvoir en cassation dans 
cette affaire qui embarrasse l'Eglise catholique. 
    "Il y a 25 ans, il y a eu tous les moyens de faire passer le 
père Preynat devant une juridiction. Il a reconnu les faits, 
oralement et de façon écrite", a dit Me Frédéric Doyez. 
    "Si le procès n'a pas eu lieu à cette époque, il faut 
demander pourquoi à ceux qui ont décidé de ne pas faire un 
procès. Parmi ceux-ci, il y avait ceux qui avaient qualité pour 
déposer plainte, c'est-à-dire les parents", a-t-il ajouté. 
    Les représentants des victimes rassemblées dans 
l'association La Parole Libérée se sont montrés satisfaits de 
cette décision de justice mais ont regretté la volonté du prêtre 
de se pourvoir en cassation.  
    "Je suis assez surpris de cet acharnement à fuir ses 
responsabilités", a dit à la sortie du palais de justice 
François Devaux, l'un des fondateurs de l'association des 
victimes. "Ce n'est pas à la hauteur de l'engagement moral d'un 
prêtre et de son institution." 
    Il a également dénoncé la gestion de cette affaire par la 
hiérarchie de l'Eglise. 
    "On a un cardinal, premier évêque de France, et le pape qui 
disent vouloir rendre imprescriptible ce genre de faits et ils 
n'ont toujours pas joint l'acte à la parole et ça fait défaut", 
a déclaré François Devaux. 
    Le cardinal Philippe Barbarin a été entendu mercredi pendant 
plus de dix heures par la police dans le cadre de l'enquête pour 
non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs et mise en 
danger d'autrui à la suite de la mise en examen en janvier de 
Bernard Preynat.   
 
 (Catherine Lagrange, édité par Yves Clarisse) 
 
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