Des photos attesteraient de la mort d'un chef djihadiste

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PARIS (Reuters) - Des soldats tchadiens revenus du front au Nord-Mali ont montré à des journalistes des photographies montrant le cadavre d'un chef djihadiste présumé, mais les avis divergent sur son identité.

Sur son site internet, RFI a publié lundi soir la photographie de l'écran d'un téléphone portable montrant une partie d'un cliché sur laquelle figurerait le visage de Mokhtar Belmokhtar, dont le Tchad a annoncé la mort samedi.

Les autorités tchadiennes ont emmené dimanche un groupe de journalistes sur le théâtre des opérations et leur ont remis des photos.

L'envoyé spécial de RFI, Madjiasra Nako, explique que l'état-major tchadien lui a également montré une photo du passeport de l'otage français Michel Germaneau, enlevé en avril 2010 par al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) et exécuté en captivité en juillet la même année.

Mais Paris Match, qui publie mardi l'intégralité de la photo du djihadiste tué, cite le journaliste tchadien Abdelnasser Garboa, selon lequel il s'agit d'Abou Zeïd.

"L'officier qui l'avait prise deux jours plus tôt, le samedi 2 mars, avec le petit appareil numérique qu'il porte dans un étui à sa ceinture, était d'accord avec moi", dit le journaliste.

Selon la version de l'officier tchadien rapportée par Addelnasser Garboa, les djihadistes délogés par un groupement blindé de l'armée tchadienne "se seraient fait sauter plutôt que de se rendre".

"Le cadavre qui ressemble à Abou Zeid, lui, porte pourtant une sale blessure au front?; mais son visage émacié, prolongé par un bouc en pointe, est intact", écrit Paris Match.

L'état du corps laisse à penser que l'émir n'est pas mort dans un bombardement occidental, ce qui contredirait la version donnée récemment par un homme disant parler au nom d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), ajoute l'hebdomadaire.

La mort d'Abou Zeïd a été jugée "probable" lundi par le chef d'état-major de l'armée française, l'amiral Edouard Guillaud.

Celle de Mokhtar Belmokhtar, commanditaire de la prise d'otages sanglante du complexe gazier algérien de Tiguentourine en janvier, n'a pas été confirmée par la France, qui intervient avec le Tchad et d'autres pays africains contre les groupes islamistes armés dans le nord du Mali.

"Si c'est le cas, ce sera une bonne nouvelle", a déclaré le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian sur France 2 à propos du cliché diffusé par RFI.

Lundi, le président tchadien Idriss Déby a une nouvelle fois affirmé que ses troupes avaient abattu Mokhtar Belmokhtar et que sa dépouille n'a pas été exposée par respect des principes de l'islam.

Lors d'une visite dans le Nord-Mali, le général commandant le contingent tchadien dans la région, Oumar Bikomo, a quant à lui qualifié de "possible" la mort de Belmokhtar.

"Il est possible qu'il ait été tué. Mais comme les tests ADN n'ont pas encore été effectués, on peut encore avoir des doutes", a-t-il dit aux reporters sur place.

Jean-Stéphane Brosse et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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