Des personnes participent à une marche après la tuerie de Toulouse, le 19 mars 2012 à Paris

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Toutes les écoles de France vont observer mardi une minute de silence à la mémoire des trois enfants et du professeur assassinés lundi dans une école juive de Toulouse par le tueur à scooter qui est désormais l'homme le plus recherché du pays, mobilisant des moyens d'exception. Le président Nicolas Sarkozy a annoncé lundi, sur les lieux de la tuerie, cette minute de silence, qui aura lieu à 11h00. "Ce ne sont pas simplement vos enfants, ce sont les nôtres", a-t-il lancé.Cet assassinat rarissime visant des personnes juives sur le sol français a entraîné le déclenchement de moyens d'exception pour trouver le tueur, le même apparemment que celui qui a tué trois militaires depuis le 11 mars dans la région, un à Toulouse puis deux à Montauban, et blessé grièvement un troisième dans cette ville. Lundi vers 08h00, il a calmement garé son scooter devant le collège-lycée Ozar-Hatorah avant d'ouvrir le feu et de tuer un professeur de religion et ses deux jeunes enfants, puis d'abattre, semble-t-il d'une balle dans la tête, la fillette du directeur de l'établissement. Un jeune homme de 17 ans a été gravement blessé.Pour retrouver cet assassin à la froideur et à la détermination inouïes, Nicolas Sarkozy a annoncé le déclenchement, pour la première fois en France, d'un plan Vigipirate de "couleur écarlate", son plus haut degré, en Midi-Pyrénées et dans deux départements limitrophes.Quatorze unité de CRS et de gendarmes mobiles sécuriseront la région, et "des gardes statiques" seront mises en place "devant tous les lieux de cultes juifs et musulmans, devant toutes les écoles confessionnelles", a indiqué le chef de l'Etat.Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a passé la nuit à Toulouse, et a été rejoint par le ministre de la Défense Gérard Longuet. "Nous sommes inquiets sur l'éventualité qu'il ait envie de commettre un quatrième attentat", a reconnu M. Guéant.Sur France 2, le ministre a indiqué qu'"il n'y a pas de piste qui soit claire". Il a noté que le tueur circulait sur un scooter noir lorsqu'il a attaqué les militaires, et sur un scooter blanc lundi matin. "Mais (le scooter) a pu bien entendu être transformé", a-t-il dit. Une source proche de l'enquête a indiqué à l'AFP qu'il s'agissait bien du même véhicule, un Yamaha T-MAX 500 cm3 volé le 6 mars dans la région de Toulouse.L'homme "est audacieux ou il est fou, ou alors complètement déterminé", a avancé une autre source proche de l'enquête, qui s'est aussi interrogée sur le réel talent de tireur du tueur : "Tout le monde dit qu'il tire très bien, mais il y a quand même six impacts de balle dans le mur du collège... S'il atteint sa cible, c'est peut-être qu'il tire à bout portant".L'attentat a entraîné une mise entre parenthèses de la campagne présidentielle. Le président Sarkozy a indiqué qu'il suspendait la sienne au moins jusqu'à mercredi, date des obsèques des trois militaires à Montauban, auxquelles il assistera. Le candidat socialiste François Hollande a évoqué "une cause qui dépasse chacun d'entre nous, (...) la cause de l'unité nationale".La presse française espérait mardi que les candidats éviteraient ensuite toute récupération politique.Le pays a été submergé d'émotion. Des centaines de personnes ont assisté lundi après-midi à une cérémonie de recueillement dans une synagogue de Toulouse. Même affluence plus tard dans une synagogue parisienne, avec entre autres personnalités MM. Sarkozy et Hollande, avant une marche de milliers de personnes dans les rues de la capitale.Devant le collège-lycée Ozar-Hatorah, des dizaines de bougies ont été allumées et des bouquets de fleurs déposés contre le mur d'enceinte, l'un d'eux accompagné d'un message "en témoignage de notre soutien", signé "les habitants du quartier". On voyait aussi un ours en peluche blanc accompagné d'un dessin d'enfant. Selon la tradition juive, les corps des quatre victimes, rendus dès l'après-midi aux familles, ont été veillés toute la nuit avant d'être transportés dès mardi en Israël pour y être inhumés.Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est joint dans la nuit de lundi à mardi à l'immense indignation internationale en "condamnant de la manière la plus ferme" la tuerie.

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