Des paysans vendent fruits et légumes "au juste prix"

le
0

PARIS (Reuters) - La confédération syndicale agricole des exploitants familiaux (Modef) a attiré jeudi la foule place de la Bastille à Paris en organisant une vente de fruits et de légumes au "juste prix".

L'opération, qui a eu lieu simultanément dans 25 villes de France avec le soutien du Parti communiste, a pour but de lutter contre la flambée des prix des primeurs avec une hausse de 14% par rapport à 2012, selon une étude de Familles Rurales.

Le PCF, qui fait sa rentrée politique et co-organise chaque année l'événement, a profité de l'occasion pour interpeller le gouvernement en envoyant une délégation apporter un caddie de produits frais à Matignon afin d'attirer l'attention de Jean-Marc Ayrault.

"Les sujets qui nous préoccupent aujourd'hui sont prioritairement ceux des salaires, du pouvoir d'achat, des conditions de vie", a déclaré Olivier Dartigolles, le porte-parole du PCF.

Selon Raymond Girardi, le président régional du Modef Aquitaine, les deux tiers des producteurs de fruits et légumes ont disparu en France depuis 15 ans. Si les prix ont grimpé, les producteurs ont vu, à titre d'exemple, le prix de la tomate baisser de 10%, a-t-il dit.

"Il faut que l'Etat prenne ses responsabilités aujourd'hui et ne se contente pas des mesurettes prévues dans les différentes lois qui, à terme, ne résolvent pas le problème", a dit Raymond Girardi.

Le PCF propose notamment de restaurer un coefficient encadrant les marges de la grande distribution et de définir un calendrier d'importation pour éviter de faire venir massivement des produits de l'étranger.

"Ce n'est pas un achat symbolique, c'est pour le porte-monnaie", explique Marie Camus, venue tôt pour profiter des nectarines, prunes, melons, tomates et salades proposés par les producteurs du Lot-et -Garonne.

D'autres consommateurs repartent bredouilles, déçus des produits et quantités proposés.

"C'est trop cher, c'est de la pub, ce n'est pas biologique, c'est plein de produits chimiques. Au marché, j'achète mes deux melons pour deux euros, ici c'est 3,50 euros", s'indigne Solange Darrodes, une habituée des marchés parisiens.

Capucine Fachot-Charbonneau, édité par Patrick Vignal

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant