Des pays européens froissent les États-Unis en rejoignant l'AIIB

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DES PAYS EUROPÉENS REJOIGNENT UNE BANQUE CRÉÉE PAR PÉKIN
DES PAYS EUROPÉENS REJOIGNENT UNE BANQUE CRÉÉE PAR PÉKIN

SEOUL/PEKIN (Reuters) - La France, l'Allemagne et l'Italie ont décidé, après le Royaume-Uni, de rejoindre la nouvelle Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (AIIB) créée à l'initiative de la Chine et considérée comme une institution concurrente de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement (Bad).

Cette décision des trois capitales européennes, initialement rapportée par Le Financial Times, est un revers diplomatique pour les Etats-Unis, qui ont émis des doutes sur les pratiques de gouvernance et de transparence de la nouvelle institution.

"Nous sommes en train de voir les modalités précises en interne en France, et puis nous aurons l'occasion d'en discuter avec d'autres pays européens", a déclaré à Reuters le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius en marge d'une conférence de presse à Paris. "Cela fait pas mal de temps que nous travaillons sur cette perspective."

Un haut responsable américain a assuré mardi que chaque pays était maître de sa décision, sans cacher toutefois les réserves persistantes de Washington à l'égard du projet.

L'AIIB a été créée à Pékin l'an dernier avec pour objectif de promouvoir l'investissement dans les transports, l'énergie, les télécommunications et d'autres infrastructures dans les pays en développement d'Asie.

Elle est perçue comme un moyen pour la Chine, deuxième puissance économique mondiale mais qui dispose de droits de vote limités dans les institutions financières existantes, d'étendre son influence dans la région.

En visite à Pékin, le président du Parlement européen, Martin Schulz, s'est réjoui à l'idée que quatre pays européens rejoignent l'AIIB, tout en soulignant que l'institution devait se conformer aux normes internationales de bonne gouvernance.

"Je pense que c'est une bonne chose et si d'autres Etats membres en font autant ce sera encore mieux", a-t-il dit à la presse. "Il y a un élément en plus. De nouvelles organisations de ce type doivent se conformer aux meilleures pratiques internationales. Cela est très important."

L'agence Chine nouvelle a rapporté que la Suisse, le Luxembourg et aussi la Corée du Sud envisageaient d'être membres fondateurs de l'AIIB.

Le principal représentant diplomatique américain pour la région a affirmé que les inquiétudes de Washington restaient en l'état mais qu'il revenait aux pays de décider seuls.

"Notre message aux Chinois a toujours été d'accueillir favorablement le principe d'investissements dans les infrastructures mais d'exiger en même temps la preuve irréfutable (...) que cette banque prendra pour point de départ les niveau élevé de gouvernance qu'ont adopté d'autres banques de développement multilatérales", a déclaré Daniel Russel, secrétaire d'Etat adjoint pour l'Asie de l'Est et le Pacifique, lors d'un déplacement à Séoul.

"Il revient à chaque gouvernement de décider si le meilleur moyen d'atteindre cet objectif est d'adhérer avant que les articles de la charte ne soient clarifiés ou d'attendre de voir ce qu'il en sera quand la banque commencera à être opérationnelle", a-t-il ajouté.

COOPÉRATION AVEC LA BAD

La Chine, qui sera le principal bailleur de fonds de l'AIIB, prévoit que la charte fondatrice sera finalisée en fin d'année. Ses différents articles feront l'objet de discussions entre les pays membres lors d'une rencontre prévue du 29 au 31 mars à Almaty, a-t-on appris au ministère indien des Finances.

Pékin avait récemment dit que les membres fondateurs étaient au nombre de 26, pour la plupart des pays d'Asie et du Moyen-Orient. La date butoir pour faire partie de ce cercle a été fixée au 31 mars.

Le Japon, l'Australie et la Corée du Sud sont les principales puissances régionales restées à ce jour à l'écart, mais leur position pourrait évoluer.

Le Premier ministre australien, Tony Abbott, a déclaré ce week-end qu'il prendrait "bientôt" une décision définitive, et la Corée du Sud dit être toujours en discussions avec la Chine et d'autres Etats au sujet de sa participation.

Le Japon, rival historique de la Chine dans la région, est avec les Etats-Unis le principal bailleur de fonds de la Bad et c'est un Japonais qui, par convention, préside cette institution basée à Manille.

Il est peu probable que Tokyo rejoigne l'AIIB mais le président de la Bad, Takehiko Nakao, a déclaré au journal Nikkei Asian Review que son institution discutait avec la nouvelle venue et pourrait coopérer.

"Nous avons commencé à partager nos expériences et notre savoir-faire", a-t-il di

SEOUL/PEKIN (Reuters) - La France, l'Allemagne et l'Italie ont décidé, après le Royaume-Uni, de rejoindre la nouvelle Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (AIIB) créée à l'initiative de la Chine et considérée comme une institution concurrente de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement (Bad).

Cette décision des trois capitales européennes, initialement rapportée par Le Financial Times, est un revers diplomatique pour les Etats-Unis, qui ont émis des doutes sur les pratiques de gouvernance et de transparence de la nouvelle institution.

"Nous sommes en train de voir les modalités précises en interne en France, et puis nous aurons l'occasion d'en discuter avec d'autres pays européens", a déclaré à Reuters le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius en marge d'une conférence de presse à Paris. "Cela fait pas mal de temps que nous travaillons sur cette perspective."

Un haut responsable américain a assuré mardi que chaque pays était maître de sa décision, sans cacher toutefois les réserves persistantes de Washington à l'égard du projet.

L'AIIB a été créée à Pékin l'an dernier avec pour objectif de promouvoir l'investissement dans les transports, l'énergie, les télécommunications et d'autres infrastructures dans les pays en développement d'Asie.

Elle est perçue comme un moyen pour la Chine, deuxième puissance économique mondiale mais qui dispose de droits de vote limités dans les institutions financières existantes, d'étendre son influence dans la région.

En visite à Pékin, le président du Parlement européen, Martin Schulz, s'est réjoui à l'idée que quatre pays européens rejoignent l'AIIB, tout en soulignant que l'institution devait se conformer aux normes internationales de bonne gouvernance.

"Je pense que c'est une bonne chose et si d'autres Etats membres en font autant ce sera encore mieux", a-t-il dit à la presse. "Il y a un élément en plus. De nouvelles organisations de ce type doivent se conformer aux meilleures pratiques internationales. Cela est très important."

L'agence Chine nouvelle a rapporté que la Suisse, le Luxembourg et aussi la Corée du Sud envisageaient d'être membres fondateurs de l'AIIB.

Le principal représentant diplomatique américain pour la région a affirmé que les inquiétudes de Washington restaient en l'état mais qu'il revenait aux pays de décider seuls.

"Notre message aux Chinois a toujours été d'accueillir favorablement le principe d'investissements dans les infrastructures mais d'exiger en même temps la preuve irréfutable (...) que cette banque prendra pour point de départ les niveau élevé de gouvernance qu'ont adopté d'autres banques de développement multilatérales", a déclaré Daniel Russel, secrétaire d'Etat adjoint pour l'Asie de l'Est et le Pacifique, lors d'un déplacement à Séoul.

"Il revient à chaque gouvernement de décider si le meilleur moyen d'atteindre cet objectif est d'adhérer avant que les articles de la charte ne soient clarifiés ou d'attendre de voir ce qu'il en sera quand la banque commencera à être opérationnelle", a-t-il ajouté.

COOPÉRATION AVEC LA BAD

La Chine, qui sera le principal bailleur de fonds de l'AIIB, prévoit que la charte fondatrice sera finalisée en fin d'année. Ses différents articles feront l'objet de discussions entre les pays membres lors d'une rencontre prévue du 29 au 31 mars à Almaty, a-t-on appris au ministère indien des Finances.

Pékin avait récemment dit que les membres fondateurs étaient au nombre de 26, pour la plupart des pays d'Asie et du Moyen-Orient. La date butoir pour faire partie de ce cercle a été fixée au 31 mars.

Le Japon, l'Australie et la Corée du Sud sont les principales puissances régionales restées à ce jour à l'écart, mais leur position pourrait évoluer.

Le Premier ministre australien, Tony Abbott, a déclaré ce week-end qu'il prendrait "bientôt" une décision définitive, et la Corée du Sud dit être toujours en discussions avec la Chine et d'autres Etats au sujet de sa participation.

Le Japon, rival historique de la Chine dans la région, est avec les Etats-Unis le principal bailleur de fonds de la Bad et c'est un Japonais qui, par convention, préside cette institution basée à Manille.

Il est peu probable que Tokyo rejoigne l'AIIB mais le président de la Bad, Takehiko Nakao, a déclaré au journal Nikkei Asian Review que son institution discutait avec la nouvelle venue et pourrait coopérer.

"Nous avons commencé à partager nos expériences et notre savoir-faire", a-t-il dit. "Lorsque l'AIIB sera effectivement installée, il est concevable qu'on coopère."

(Ju-min Park à Séoul, Michael Martina et Ben Blanchard à Pékin, Manoj Kumar à New Delhi, Leika Kihara in Tokyo et Yann Le Guernigou à Paris, Véronique Tison pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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  • rroot le mardi 17 mar 2015 à 13:16

    pour signifier à Washington que les amendes 8.9 mrd de BNP , 1.4 mrd de commerzbank ... ont un prix !

  • pascalcs le mardi 17 mar 2015 à 12:52

    L’article a du retard puisque l’Australie a également décidé de s’y joindre. La dédollarisation du monde est en mouvement, mais il parait que la Russie est isolee. Et comme les BRICS sont en train de monter un systeme alternatif au SWIFT, ca va raler sur le Potomak

  • heimdal le mardi 17 mar 2015 à 12:48

    Les états unis perdent leur hégémonie mondiale ,lentement mais sûrement .