Des passagers regardent les horaires des départs de vols à l'aéroport de Roissy le 6 février 2012, au premier jour de la grève du secteur aérien

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Retards et annulations en série affectaient lundi les aéroports français, mais sans provoquer d'engorgement, au premier jour d'un conflit inédit rassemblant tous les syndicats de l'aérien, déterminés à un bras de fer avec le gouvernement sur l'exercice du droit de grève.Le ministre des Transports, Thierry Mariani, a réaffirmé lundi sa "volonté d'aller jusqu'au bout", suite au vote fin janvier d'une proposition de loi en première lecture par les députés.Le texte du député UMP, Eric Diard, impose notamment aux grévistes, sous peine de sanction, de se déclarer individuellement 48 heures à l'avance. Chaque gréviste devra aussi dire sa volonté de reprendre le travail 24 heures à l'avance. Le texte impose aux compagnies de communiquer des prévisions de trafic 24 heures en amont.L'objectif est d'instaurer, à l'instar de ce qui est mis en oeuvre à la SNCF et à la RATP, un "service garanti" qui est en fait un service optimisé en fonction des moyens humains disponibles.Pour les syndicats, ce texte vise "à limiter le droit de grève" dans un secteur privé et sans monopole. Ils dénoncent, selon les mots du principal syndicat d'hôtesses et de stewards Unac, "l'absence de concertation préalable pourtant prévue par le Code du travail". La quasi-totalité des syndicats de l'aérien - pilotes, hôtesses et stewards, personnels au sol, prestataires - ont appelé à cesser le travail de lundi à jeudi soir.Une source aéroportuaire a indiqué à l'AFP que "la mobilisation est plus forte chez les navigants".Sur le tarmac de Roissy lundi, Yves Deshayes, président national du Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL, majoritaire), a estimé que "la mobilisation (irait) crescendo" mettant au défi le gouvernement de négocier d'ici jeudi soir, au risque d'une poursuite de la grève au delà de cette date.Les vacances scolaires de février débutent samedi.Selon une source aéroportuaire, "126 annulations ont été programmées dès dimanche soir sur 1.190 mouvements (décollage et atterrissage) prévus lundi" à Roissy et Orly.A Roissy, outre les vols annulés préventivement par Air France, quelques annulations "à chaud" ont touché les vols vers Genève, Naples, Istanbul et Rio, a constaté une journaliste de l'AFP; easyJet a également annulé cinq départs lundi matin au départ de Charles-de-Gaulle. Air France, qui prévoyait à elle seule 1.332 vols lundi, a indiqué à la mi-journée avoir annulé "à chaud" 20% de ses vols court et moyen courrier.Air France a invité ses passagers à différer leur voyage, la modification des billets étant facilitée, et a envoyé "22.000 mails ou SMS pour prévenir ses clients d'annulations préventives et de reports".Dans ce contexte, à Toulouse, Nantes, Marseille, Montpellier, Nice ou Lyon, il n'y avait pas de file d'attente malgré les annulations. A Lyon, sur 13 annulations, 4 étaient imputables à la météo.Outre l'information de leurs clients en amont, les compagnies ont aussi prévu davantage de personnel navigant "en réserve" pour pallier des absences imprévues, mobilisé leurs cadres et essayé de basculer des passagers sur des vols assurés parfois par d'autres compagnies (long-courriers notamment).Deux manifestations de grévistes ont eu lieu dans la matinée sur les routes d'accès aux terminaux de Roissy et Orly, ralentissant le trafic.A Roissy, au côté de banderoles CGT, CFDT, Sud, les candidats d'extrême gauche à la présidentielle, Nathalie Artaud (LO) et Philippe Poutou (NPA), étaient présents, ainsi qu'Olivier Besancenot (NPA).

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  • marconge le lundi 6 fév 2012 à 17:09

    Ils peuvent toujours regarder, c'est pour ça qu'ils vont décoller.