Des parlementaires français ont rencontré Assad à Damas

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* Première initiative du genre depuis 2012 * Il faut parler au régime syrien, dit Myard (UMP) * Le Quai d'Orsay prend ses distances (Actualisé avec nouvelles déclarations Jacques Myard, précisions) par Marwan Makdesi et John Irish DAMAS/PARIS, 25 février (Reuters) - Quatre parlementaires français en "mission personnelle" ont rencontré mercredi à Damas Bachar al Assad, une première depuis la fermeture de l'ambassade de France décidée en 2012 pour protester contre la répression orchestrée par le président syrien. Face aux critiques du Quai d'Orsay qui a pris ses distances avec cette initiative, l'un des élus, le député UMP des Yvelines Jacques Myard, a estimé qu'il n'était pas possible de combattre l'Etat islamique (EI), qui s'est emparé de vastes pans de territoire en Syrie et en Irak cet été, sans la Syrie. "Pour trouver une solution pour lutter contre Daesh (acronyme arabe de l'EI, NDLR), qui est une métastase pour le Proche Orient, le Moyen-Orient, voire la France et l'Europe, il faut jouer avec les forces en place qui ont encore le sens des responsabilités, même si nous ne sommes pas d'accord avec le gouvernement syrien", a-t-il dit sur la chaîne Public Sénat. "C'est vrai que Bachar al Assad n'est pas le poussin du jour. Mais c'est un élément important pour trouver une solution", a-t-il ajouté. L'agence officielle de presse syrienne SANA a rapporté que la discussion, dont des images ont été diffusées par la télévision syrienne, avait porté sur "les défis auxquels sont confrontées les régions arabes et européennes, notamment en ce qui concerne le terrorisme". D'après SANA, Assad a déclaré que la Syrie "encourage la coopération entre les Etats, manière la plus efficace de contrer l'expansion du terrorisme et de l'éliminer". Jacques Myard était accompagné par le député PS et président du groupe d'amitié France-Syrie à l'Assemblée Gérard Bapt, le sénateur UMP et président du groupe d'amitié France-Syrie au Sénat Jean-Pierre Vial, et le sénateur UDI François Zocchetto. AUCUN MESSAGE OFFICIEL A Paris, les autorités françaises ont pris leurs distances avec le déplacement des quatre parlementaires. "C'est une initiative qui n'est en aucun cas une initiative officielle de la France", a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll. Le ministère français des Affaires étrangères, par la voix de son porte-parole adjoint, avait déclaré la veille que ces parlementaires n'étaient "porteurs d'aucun message officiel". "La position de la France est constante: nous ne discutons pas avec Assad", a ajouté une source diplomatique. Les députés et sénateurs français, qui ont quitté Paris lundi, devraient être de retour en France jeudi. Sur décision de Nicolas Sarkozy, la France a annoncé en mars 2012 la fermeture de son ambassade en Syrie pour dénoncer la répression conduite par le président Bachar al Assad. Deux mois plus tard, Paris a déclaré l'ambassadrice de Syrie et d'autres diplomates personae non grata et la ligne officielle française n'a pas changé depuis. Malgré la montée en puissance de l'Etat islamique en Irak et en Syrie depuis l'été 2014, François Hollande exclut toujours de renouer le dialogue et de coopérer avec Bachar al Assad. Mais en privé, de nombreux diplomates européens estiment que le moment est venu de rouvrir des canaux de communication avec Damas. (avec Emile Picy et Marine Pennetier à Paris,; édité par Yves Clarisse)

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  • M4358281 le mercredi 25 fév 2015 à 15:11

    il était temps ..on a les mêmes ennemis ..on sait un peu ce que c'est maintenant ..hein les b0b0s g0ch0s ?