Des ossements d'un mammouth mis au jour dans une carrière de Changis-sur-Marne (Seine-et-Marne), le 6 novembre 2012

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Le squelette pratiquement complet d'un mammouth, qui aurait vécu entre 200.000 et 50.000 ans avant notre ère, a été mis au jour en Seine-et-Marne, une découverte exceptionnelle en France, puisque seuls trois autres spécimens ont jusqu'ici été trouvés.Cerise sur le gâteau pour les archéologues, des éclats de silex ont été découverts près du crâne de l'animal, suggérant un contact entre le mammouth et l'homme de Néandertal. Ils semblent avoir été utilisés pour découper l'animal, a précisé le responsable scientifique de la fouille, Gregory Bayle.Présentés sur le site mardi à la presse, les ossements de taille impressionnante ont été découverts l'été dernier dans une carrière de Changis-sur-Marne, sur les berges de l'ancien lit de la Marne, à l'occasion de la fouille d'un site gallo-romain par l'Institut de recherches archéologiques préventives (Inrap).Une "fouille de sauvetage" a alors été mise en place début octobre.Sur le sol sableux, on reconnaît facilement les deux défenses imposantes, un fémur et la partie du bassin où il trouvait sa place, un humérus, une mandibule, quatre vertèbres encore connectées et passant sous les omoplates. Le tout est dispersé, mais dans un périmètre très restreint. "C'est fascinant de pouvoir travailler sur un animal aussi emblématique que le mammouth", a souligné Gregory Bayle. Les os sont globalement en très bon état, préservés par des sédiments riches en calcium.Le squelette ainsi mis au jour doit maintenant être moulé, puis "démonté", avant d'être analysé dans les laboratoires du Muséum national d'Histoire naturelle et de Géographie physique du CNRS de Meudon (Hauts-de-Seine), a indiqué Jean-Marc Gouedo, conservateur en chef à la Direction régionale des affaires culturelles. Helmut a-t-il été chassé 'L'examen des ossements devrait permettre de préciser la datation et de reconstituer l'histoire de l'animal, baptisé "Helmut" par l'équipe de fouille même si on ignore encore s'il s'agit d'un mâle ou d'une femelle. Des éléments importants car le mammouth d'Europe de l'Ouest reste mal connu.Il s'agira surtout de tenter de préciser ses liens avec l'homme : a-t-il été tué ou est-il mort naturellement, a-t-il été chassé ou dépecé après sa mort naturelle 'Les scientifiques chercheront en particulier sur les os des traces d'épieux, qui conforteraient l'hypothèse débattue selon laquelle l'Homme de Neandertal avait la capacité de chasser de grands mammifères, a expliqué Pascal Depaepe, directeur scientifique et technique à l'Inrap. Les "preuves de chasse" sur le mammouth restent à ce jour exceptionnelles.Les archéologues ont déjà pu déterminer que le mammouth de Changis était un adulte jeune, entre 20 et 30 ans.Il s'agit probablement d'un mammouth laineux, qui se caractérisait par de longues défenses utilisées pour dégager le fourrage de sa gangue de neige. A l'époque, l'Ile-de-France devait ressembler à une steppe de Mongolie, avec un climat sibérien... L'animal pouvait atteindre 2,80 m à 3,40 m au garrot pour environ 5 tonnes.Il restera enfin aux scientifiques à expliquer la présence sur le même site de Changis d'éléments d'un second squelette de mammouth, un humérus et un fragment de défense.Quant à Helmut, il leur faudra choisir une structure qui puisse l'accueillir et sans doute le présenter au public.

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