Des opposants à Notre-Dame-des-Landes expulsables, sans astreinte

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 (Actualisé avec contexte, déclarations) 
    NANTES, 25 janvier (Reuters) - La justice française a 
autorisé lundi l'expulsion d'opposants historiques au projet 
d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes     (Loire-Atlantique) mais 
sans astreinte financière, ce qui est pourrait prolonger pendant 
des mois l'occupation du site. 
    Le juge de l'expropriation du tribunal de grande instance de 
Nantes a autorisé l'expulsion immédiate de quatre exploitations 
agricoles et de trois familles. Huit autres familles ne seront 
expulsables que dans deux mois. 
    Mais Pierre Gramaize n'a pas ordonné d'astreinte financière 
alors que le groupe Vinci  SGEF.PA , concessionnaire du futur 
aéroport, à l'origine de la demande d'expulsion, qui réclamait 
une expulsion immédiate avec 200 euros par jour de retard et la 
saisie des biens et des cheptels des agriculteurs. 
     Il a dit vouloir tenir compte de la "contestation 
virulente" des opposants au projet et des "atermoiements" de 
l'Etat dans ce dossier pour justifier sa décision. 
    L'Etat peut donc décider d'envoyer les forces de l'ordre 
expulser les familles et saisir les cheptels, mais la décision 
est délicate à prendre tant la mobilisation est forte dans la 
région contre ce projet jugé inutile par les écologistes. 
    Lors de l'audience, les avocats des expropriés avaient 
sollicité un délai de vingt-quatre mois. 
    Les deux parties, qui ont un mois pour faire appel de ce 
jugement, ne sont pas prononcées sur leurs intentions à l'issue 
de la lecture de l'ordonnance. 
    "Le fait qu'il n'y ait pas d'astreinte nous garantit que, 
pendant plusieurs mois au-delà du délai de deux mois accordé par 
le magistrat, voire plusieurs années, les agriculteurs resteront 
sur place", a dit Etienne Boittin, l'un des avocats des 
agriculteurs menacés d'expropriation. "Il n'y a pas de pression 
financière au-dessus de la tête des expropriés." 
    "C'est un jugement teinté d'humanité, qui insiste sur les 
carences de l'Etat et qui permet de donner du temps au temps : 
du temps aux politiques pour réfléchir à nouveau à ce projet, et 
du temps aux expropriés", a-t-il ajouté.  
    "C'est une décision placée aussi sous le signe de la 
responsabilité, celle de l'Etat, qui doit assumer ses choix et 
avoir le courage éventuellement de renoncer au projet : avec ses 
demandes d'astreintes financières, Vinci demandait en fait aux 
habitants de partir d'eux-mêmes." 
 
 (Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse) 
 

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