Des offres inférieures à 4 milliards d'euros pour TDF France

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par Sophie Sassard

LONDRES (Reuters) - Télédiffusion de France (TDF) a reçu des offres d'un montant inférieur à 4,0 milliards d'euros pour le rachat de ses activités françaises, ce qui pourrait remettre en cause l'opération et la capacité du groupe à rembourser sa dette, a-t-on appris de trois sources proches du dossier.

Les actionnaires du groupe comptaient initialement retirer au moins 4,0 milliards de cette cession pour financer le remboursement de 3,8 milliards d'euros de dettes et éviter d'avoir à négocier avec ses créanciers une restructuration coûteuse, ont expliqué deux des sources.

Ils espéraient qu'une fois réalisée avec succès la vente des actifs français, qui représentent plus de la moitié du chiffre d'affaires de TDF, la cession des actifs en Allemagne -sa deuxième plus grosse activité- pourrait suivre, ont ajouté les sources qui ont requis l'anonymat.

Le groupe de capital-investissement TPG est le premier actionnaire de TDF avec 42% du capital, devant le Fonds stratégique d'investissement (FSI), Axa Private Equity et Charterhouse.

Le spécialiste de la diffusion propose des services aux groupes de télévision, de radio et aux opérateurs de téléphonie.

Depuis que la société a été rachetée en 2006, TDF a particulièrement souffert de la crise économique et financière mais aussi de revers en matière d'innovation technologique.

Le rapport d'activité 2011-2012 explique ainsi: "Notre plan d'affaires initial, bâti en 2006, reposait sur un certain nombre d'hypothèses qui ne se sont pas toutes réalisées: (...) par exemple la télévision mobile personnelle qui n'a pas vu le jour ou le remplacement complet de la télévision analogique par la télévision numérique qui a été plus rapide que prévu."

Le projet d'accord de partage de réseau en discussion entre les opérateurs français Bouygues et SFR pourrait également avoir fait hésiter certains candidats au rachat car il est susceptible d'entraîner une baisse de l'activité, a expliqué l'une des sources.

Des personnes proches du groupe avaient précédemment rapporté que ses propriétaires ne céderaient pas les actifs français pour moins de quatre milliards d'euros, ce qu'ils considèrent comme la fourchette basse sur une hypothèse d'un Ebitda (résultat avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements) d'environ 380 millions d'euros attendu pour 2014 et en appliquant des multiples du secteur de 10,5 à 11,5 fois l'Ebitda.

De l'autre côté de la table des négociations, la prévision d'Ebitda est moins optimiste et les multiples appliqués se rapprochent davantage de 8 à 10, a-t-on expliqué.

Un fonds de pensions (PSP Investments) allié dans un consortium avec le fonds d'infrastructure Arcus sont apparus comme les candidats les plus motivés au premier tour des enchères qui s'est terminé la semaine dernière, ont dit les sources.

Le fonds de pension OTPP, les opérateur américains Crown Castle et American Tower ainsi que les fonds d'infrastructure Borealis , Macquarie, AMP Capital et Antin ont également été invités à participer au processus.

Mais la plupart n'ont pas soumis d'offre la semaine dernière et la proposition la plus élevée avoisine les 3,7 milliards d'euros, ont ajouté les sources.

TPG, TDF, le FSI et AMP Capital ont refusé de commenter ces informations. Les autres parties mentionnées n'étaient pas disponibles dans l'immédiat.

Avec Claire Ruckin à Londres et Matthieu Protard à Paris; Gwénaëlle Barzic pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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