Des occupants expulsés du site du futur aéroport de Nantes

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NOTRE-DAME-DES-LANDES, Loire-Atlantique (Reuters) - Onze maisons et terrains occupés illégalement sur le site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) ont été évacués sans incident mardi aux aurores par plus de 500 gendarmes.

Une première maison, vers où avaient convergé depuis samedi soir plus de 150 militants radicaux et altermondialistes opposés au projet, avait été évacuée dès lundi par les forces de l'ordre.

"L'opération s'est passée sans affrontements caractérisés, il y a simplement eu des manoeuvres de retardement comme des barricades en feu ou quelques personnes montées sur les toits", a dit le préfet de Loire-Atlantique, Christian de Lavernée, après l'évacuation.

Les forces de l'ordre n'ont procédé à aucune interpellation, a-t-il précisé. Les maisons évacuées font désormais faire l'objet d'une surveillance renforcée, avant d'être démolies "dans les jours à venir".

"Depuis plus d'un an, le périmètre déclaré d'utilité publique pour la réalisation du futur aéroport du grand ouest recèle des occupants illégaux", avait justifié, un peu plus tôt, la préfecture dans un communiqué. "Ces derniers ont investi les espaces bâtis et non bâtis acquis par le concessionnaire et l'Etat."

UN PROJET SOUTENU PAR AYRAULT

Des travaux préparatoires aux aménagements routiers desservant cet "aéroport interrégional" situé entre Nantes et Rennes doivent débuter d'ici à la fin de l'année. Ceux de l'aéroport à proprement parler doivent commencer en 2014, pour une mise en service en 2017.

Des expulsions avaient été décidées par des juges au terme de procédures judiciaires engagées par la société Aéroports du grand Ouest (AGO), filiale du groupe Vinci.

"Cette situation ne doit pas être confondue avec celle des personnes présentes légalement sur le site avant la date de déclaration d'utilité publique du projet en 2008, et concernées par une procédure d'expropriation dont l'exécution n'est pas d'actualité", précise la préfecture de Loire-Atlantique.

La construction et la concession du futur aéroport, situé à 30 km au nord de Nantes, ont été confiées au groupe Vinci, qui évalue son coût à 560 millions d'euros. Il en déboursera 320, le reste étant payé par l'Etat (125,5 millions d'euros) et les collectivités locales (115,5 millions d'euros).

Le projet, dont les écologistes réclament l'abandon, est porté par l'Etat et soutenu par les élus socialistes locaux, dont le Premier ministre et ancien député-maire de Nantes Jean-Marc Ayrault.

Présenté par ses promoteurs comme un "transfert" de l'actuel aéroport Nantes-Atlantique, situé en périphérie immédiate de la ville et menacé selon eux de saturation, le futur équipement vise à réduire les nuisances en termes de bruit et le sentiment d'insécurité d'une partie des habitants de l'agglomération survolés par les avions.

Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse

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