Des observateurs de l'Onu à Tremsa, en Syrie

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NOUVEAU MASSACRE EN SYRIE
NOUVEAU MASSACRE EN SYRIE

par Oliver Holmes

BEYROUTH (Reuters) - Une équipe d'observateurs de l'Onu en Syrie est entrée ce samedi dans le village de Tremsa, dans la province de Hama, où l'opposition affirme que près de 220 personnes ont été massacrées jeudi par l'armée syrienne et les miliciens "chabiha", a déclaré une porte-parole de la mission de l'Onu.

"Nous avons été informés hier (vendredi) qu'un cessez-le-feu avait été concédé à Tremsa. Nous avons donc envoyé une mission de reconnaissance pour évaluer la situation", a expliqué Sausan Ghosheh dans un courrier électronique.

"Aujourd'hui (samedi), nous avons envoyé une patrouille plus importante pour procéder à une vérification des faits", a-t-elle ajouté.

Les opposants affirment que la petite localité de Tremsa a été bombardée par des hélicoptères de combat et des chars puis livrée aux miliciens du régime, les "chabiha", qui ont massacré des familles.

La Syrie a cependant rejeté toute responsabilité. Citant une source militaire non identifiée, l'agence de presse officielle SANA dément que des civils aient été tués à Tremsa et explique que l'attaque était une opération militaire menée à la demande de la population pour lutter contre des "terroristes" et qu'elle s'est soldée par un succès.

UNE SOLUTION POLITIQUE "ENCORE POSSIBLE"

L'annonce du massacre a provoqué vendredi la condamnation unanime de la communauté internationale et accentué l'indignation des capitales occidentales face au blocage du Conseil de sécurité de l'Onu.

"Je condamne, dans les termes les plus forts possibles, le recours aveugle à l'artillerie lourde et au bombardement de zones de populations, y compris par des tirs d'hélicoptères", a déclaré vendredi le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, dans un communiqué.

"Ils soulèvent aussi de sérieux doutes sur l'engagement à respecter le plan en six points récemment renouvelé par le président Assad lors de sa rencontre avec l'Envoyé spécial conjoint", ajoute-t-il en faisant allusion aux discussions que le président syrien et Kofi Annan ont eues lundi à Damas.

Kofi Annan a écrit quant à lui dans une lettre au Conseil de sécurité que ce nouveau massacre rappelait une nouvelle fois "de manière tragique et macabre que les résolutions du Conseil continuent d'être ignorées".

En France, le président François Hollande a estimé samedi qu'il était encore temps de trouver une solution politique pour éviter la guerre civile en Syrie.

"Le pire c'est d'avoir une guerre civile en Syrie, donc faisons en sorte de trouver une solution politique qui évite la guerre civile, il est encore temps, plus que temps", a-t-il déclaré lors d'un entretien accordé à l'occasion du 14 juillet. Il avait exhorté la veille la Russie et la Chine à changer leur approche de la crise syrienne.

La Chine, qui continue de bloquer avec la Russie les efforts occidentaux pour imposer de plus fortes sanctions à la Syrie, n'a pas condamné Damas mais "un comportement qui nuit à des civils innocents". Elle n'a pas précisé quels étaient les auteurs des violences qu'elle condamnait.

"Nous appelons de nouveau les parties prenantes en Syrie à prendre des mesures pratiques, à stopper immédiatement la violence (et) à protéger sérieusement les civils", a déclaré Liu Weimin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, dans un bref communiqué samedi.

POURSUITE DES VIOLENCES

Une nouvelle vidéo amateur qui aurait été tournée à Tremsa a par ailleurs été diffusée samedi sur internet. "Nous étions encerclés de tous les côtés par des chars et des véhicules blindés, tandis que les hélicoptères survolaient (le village)", rapporte un homme, qui ne s'est pas identifié.

"Ils ont brûlé des gens devant nos yeux, ils ont tenu les hommes comme cela et les ont poignardés", a-t-il dit en montrant sa poitrine puis une artère du cou. Il a ajouté que son cousin avait été égorgé et que des gens avaient eu les yeux crevés.

Des opposants syriens avaient déjà mis en ligne vendredi un document vidéo montrant les corps ensanglantés de quinze jeunes hommes victimes selon eux du massacre de Tremsa.

Les violences se sont poursuivies samedi matin, ailleurs dans le pays. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG proche de l'opposition et basée en Grande-Bretagne, 30 personnes ont été tuées samedi, dont plusieurs lors d'un bombardement de l'armée dans la province de Homs.

Henri-Pierre André et Hélène Duvigneau pour le service français

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