Des négociations ardues attendent les sociaux-démocrates suédois

le
0

* Pas de majorité absolue pour les partis de gauche * Löfven exclut toute coopération avec les Démocrates suédois * "87% des Suédois n'ont pas voté pour eux", dit-il par Anna Ringstrom et Simon Johnson STOCKHOLM, 15 septembre (Reuters) - Les sociaux-démocrates suédois, arrivés en tête des élections législatives de dimanche, vont s'atteler à la formation d'un gouvernement en composant avec un Parlement sans majorité claire où l'extrême droite enregistre une poussée historique. Dès dimanche soir, le chef des sociaux-démocrates, Stefan Löfven, s'est dit prêt à entamer le processus de formation d'un nouveau gouvernement après huit années de gouvernement d'orientation libérale. "Nous sommes dans une grave situation", a-t-il dit à ses partisans. "Nous avons des milliers de personnes sans emploi. Nous avons des résultats dans l'éducation qui diminuent plus que dans n'importe quel autre pays de l'OCDE. La Suède a aujourd'hui répondu qu'elle voulait un changement. Il nous faut un nouveau cap." Mais l'alliance informelle des partis de gauche, que forment le Parti social-démocrate, les écologistes et le Parti de gauche, crédités dans leur ensemble de 43,7% des voix, n'obtiennent que 158 sièges sur 349, bien en deçà de la majorité absolue (175 élus). Avec 39,3%, la coalition de centre droit du Premier ministre sortant, Fredrick Reinfeldt, au pouvoir depuis 2006, totalise 142 sièges tandis que les Démocrates suédois, un parti d'extrême droite hostile à l'immigration, créent la surprise avec 12,9% des voix et 49 élus. Aux précédentes législatives, le parti de Jimme Akesson plafonnait à moins de 6%. "Il n'est plus possible de nous ignorer pour diriger le pays. L'équilibre des forces dépend désormais entièrement de nous", s'est-il félicité. Aucun parti ne veut coopérer avec les Démocrates suédois qui, a déclaré Stefan Löfven, n'ont "aucun droit d'être les faiseurs de roi". "Souvenez-vous que 87% des Suédois n'ont pas voté pour eux", a-t-il dit à Reuters, avant de promettre: "Nous aurons un gouvernement fort qui ne dépendra pas des Démocrates suédois." "LA VICTOIRE EST DEVENUE UNE DÉFAITE" Ancien ouvrier soudeur et ex-syndicaliste, Löfven a annoncé qu'il engagerait des discussions de coalition avec les Verts et a tendu la main à d'autres formations. L'apport du Parti de gauche ne suffisant pas à former une majorité et le mouvement de gauche Initiative féministe restant à la porte du Parlement, il pourrait tenter d'approcher l'un des partenaires de la coalition sortante (les Modérés de Fredrick Reinfeldt gouvernaient en alliance avec le Parti du centre, les libéraux et les chrétiens-démocrates). Durant la campagne, ces partis ont exclu une telle alliance, mais la poussée de l'extrême droite pourrait les inciter à revoir leurs positions. Car la Suède s'est réveillée ce lundi matin avec un nouveau paysage politique qui laisse les politologues perplexes. "Il n'a jamais été aussi difficile d'analyser un scrutin qu'après ces législatives", reconnaît Jesper Bengtsson, du centre d'études Tiden, marqué à gauche. "Le nouveau gouvernement aura pour tâche de répondre à l'inquiétude et à la peur que reflète le score des Démocrates suédois", ajoute-t-il, évoquant la lutte contre les inégalités sociales et appelant à une "réflexion dans de nouveaux termes sur les ambitions de la politique d'intégration". En campagne, les sociaux-démocrates ont promis de consacrer 40 milliards de couronnes (4,3 milliards d'euros) à la création d'emplois, à l'éducation et aux dépenses sociales. "La victoire est devenue une défaite", écrit l'éditorialiste du quotidien libéral Dagens Nyheter. (avec Niklas Pollard et Daniel Dickson; Tangi Salaün, Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant