Des négociateurs de l'UE en route vers l'est de l'Ukraine

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DES NÉGOCIATEURS DE L'OSCE SE RENDENT EN UKRAINE
DES NÉGOCIATEURS DE L'OSCE SE RENDENT EN UKRAINE

BERLIN (Reuters) - Une équipe de négociateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) fait route samedi vers la ville de Slaviansk, dans l'est de l'Ukraine, pour tenter d'obtenir la libération des huit observateurs aux mains des séparatistes pro-russes depuis vendredi.

Une porte-parole de l'OSCE à Vienne a confirmé l'envoi de ces négociateurs, annoncée de source gouvernementale allemande en début d'après-midi.

L'OSCE, a-t-elle ajouté, est en contact avec "toutes les parties" concernées depuis que les huit observateurs - quatre Allemands, un Tchèque, un Danois, un Suédois et un Polonais - ont été capturés. Mais elle a précisé qu'aucun contact direct n'avait pu être établi avec eux.

A Berlin, le gouvernement allemand a réclamé que tout soit entrepris pour obtenir leur libération.

"J'appelle toutes les personnes qui ont des responsabilités et une influence en Ukraine et en Russie à tout faire et à user de toute leur influence, et ce de toute urgence, pour faire en sorte que les observateurs soient libérés immédiatement et en bonne santé", a déclaré la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen.

La Russie, qui fait partie de l'OSCE, s'est dite prête à agir dans ce dossier sans donner davantage de précisions sur ce qu'elle comptait faire exactement.

"Nous pensons que ces personnes doivent être libérées le plus rapidement possible", a dit Andreï Keline, représentant de Moscou auprès de l'OSCE, cité samedi par l'agence de presse Itar-Tass. "La Russie en tant que membre de l'OSCE va prendre toutes les mesures possibles à ce sujet", a-t-il ajouté.

"CONDITIONS INHUMAINES"

Les huit observateurs, accompagnés d'officiers ukrainiens, ont été capturés alors qu'ils circulaient en car dans les rues de Slaviansk, place forte des miliciens pro-russes.

Selon les services de sécurité ukrainiens (SBU), ils sont détenus dans "des conditions inhumaines au sous-sol du quartier-général des terroristes" - l'appellation utilisée par Kiev pour désigner les séparatistes - et l'un d'eux nécessite des soins médicaux d'urgence.

Leur arrestation, toujours selon le SBU, aurait été planifiée et coordonnée par un ressortissant russe appartenant aux services spéciaux russes, une version que Moscou dément.

"Les terroristes envisagent d'utiliser leurs otages comme boucliers humains", indique le SBU.

A l'inverse, la diplomatie russe impute cet enlèvement aux autorités de Kiev qui, d'après elle, n'ont pas réussi à assurer la sécurité de la mission dans une région qui échappe à leur contrôle.

Samedi, les séparatistes ont invité des journalistes de médias russes à l'intérieur du bâtiment où sont retenus les observateurs. Ils ont montré des insignes et des cartes d'identification militaires prouvant, selon eux, que des espions se trouvent parmi le groupe.

"Nous vérifions en urgence leur activités, qui ils sont et ce qu'ils font", a expliqué l'un des séparatistes, Evguéni Gorbik.

Slaviansk, une ville de 130.000 habitants, est soumise à un blocus des forces de sécurités qui ont lancé une opération qualifiée d'"antiterroriste".

(Pavel Polityuk à Kiev, Jason Bush à Moscou, Sabine Siebold à Berlin; Simon Carraud pour le service français)

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