Des milliers de Vénézuéliens affluent à la frontière colombienne

le
0
    par Anggy Polanco 
    SAN ANTONIO, Venezuela, 17 juillet (Reuters) - Des dizaines 
de milliers de Vénézuéliens se sont rendus ce week-end en 
Colombie afin de s'approvisionner en denrées alimentaires et en 
médicaments, profitant ainsi d'une ouverture temporaire de la 
frontière entre les deux voisins. 
    Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, avait fermé les 
accès à la Colombie l'année dernière afin de mettre un terme au 
trafic de produits de substitution en direction de son pays, 
dont l'économie est aux abois. 
    Depuis, la chute des cours du pétrole, dont dépend en grande 
partie l'économie vénézuélienne, a encore aggravé la situation, 
les pénuries sont devenues courantes, de même que les violences 
provoquées par le rationnement.  
    Exceptionnellement, le gouverneur de la région de Tachira a 
ouvert la frontière dimanche 10 juillet, durant lequel 35.000 
personnes sont allées faire des courses en Colombie, puis à 
nouveau ce week-end. 
    D'après les autorités colombiennes, le nombre de 
Vénézuéliens franchissant la frontière s'est élevé à 44.000 pour 
la seule journée de samedi et le double était attendu dimanche. 
    "Nous sommes arrivés ici à 2h00 du matin et avons dormi dans 
la rue. Je suis venu pour acheter des médicaments que je ne peux 
pas trouver dans mon pays", raconte Erna Millan, qui a fait 12 
heures de route avec l'équivalent de 30 euros en poche. 
    "Je suis aussi venue pour me procurer un kit de césarienne 
pour ma fille, qui est sur le point d'accoucher", ajoute-telle. 
    La ville frontalière de San Antonio a vu passer un grand 
nombre de Vénézuéliens, qui ont fait parfois plusieurs centaines 
de kilomètres, et les hôtels ont vite atteint leur capacité 
maximale. 
    "Je suis venu pour acheter ce que je ne peux pas trouver 
chez moi: du riz, des haricots, des lentilles, du sucre, du 
papier toilettes", explique Elizabeth Perez, une fonctionnaire 
âgée de 47 ans.  
    "Je suis arrivée il y a quelques jours avec d'autres 
personnes pour être sûre de pouvoir passer la frontière 
aujourd'hui. Nous ne mangeons qu'une fois par jour", 
poursuit-elle. 
    Selon Nicolas Maduro, les politiques menées par son 
prédécesseur, Hugo Chavez, ont permis de faire reculer la 
pauvreté et son gouvernement est la victime d'une "guerre 
économique" lancée par ses adversaires politiques avec le 
soutien des Etats-Unis.   
 
 (Simon Carraud pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant