Des milliers de manifestants antiracistes à Boston

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 (Actualisé) 
    par Scott Malone et Nate Raymond 
    BOSTON, 19 août (Reuters) - Des milliers de personnes sont 
descendues dans les rues de Boston samedi pour protester contre 
les discours de haine, une semaine après la mort d'une 
manifestante antiraciste à Charlottesville. 
    Par leur nombre, les contre-manifestants ont noyé le 
rassemblement pour "la liberté d'expression" auquel étaient 
conviés des membres de l'extrême droite américaine. 
    Les représentants de l'"alt right" ont été confinés par la 
police dans un enclos dans le parc historique de Boston Common. 
    Manifestants et contre-manifestants ont été tenus séparés 
par les forces de l'ordre, évitant la répétition des violences 
du week-dernier à Charlottesville, en Virginie. Une voiture 
avait foncé dans la foule, tuant une contre-manifestante. 
    Les activistes d'extrême-droite ne dépassaient pas quelques 
dizaines de personnes samedi à Boston, et leur voix étaient 
couvertes par les cris de "Honte!" des manifestants antiracistes 
à proximité.  
    Alors que le rassemblement pour la "liberté d'expression" 
prenait fin, certains contre-manifestants ont jeté des 
bouteilles en plastique sur les participants et tenté de bloquer 
leur passage. Plusieurs d'entre eux ont été arrêtés, a pu 
constater un photographe Reuters sur place. 
    Deux participants au rassemblement portant des casquettes 
rouges brodées du mot d'ordre de campagne de Donald Trump, "Make 
America Great Again", ont tenté de rejoindre la zone réservée 
aux intervenants mais ont été bloqués par des manifestants 
masqués vêtus de noir.  
    "Rentrez chez vous!" "Pas de haine!", pouvait-on entendre du 
côté des manifestants antiracistes. 
    "Ils ont entendu notre message haut et fort: Boston ne 
tolérera pas la haine", déclarait Owen Toney, un activiste de 58 
ans. "Je pense qu'ils y réfléchiront à deux fois avant de venir 
ici", ajoutait-il. 
    Environ 500 policiers ont été déployés samedi dans les rues 
de Boston afin de prévenir d'éventuelles violences et des 
barricades et des camions ont été placés autour du parc afin 
d'empêcher une attaque à la voiture bélier similaire à celle qui 
a coûté la vie à une jeune femme de 32 ans samedi dernier à 
Charlottesville. 
    Les autorités municipales ont fermé en outre plusieurs 
artères de la ville et interdit les armes de toute nature, y 
compris les bâtons destinés à porter des pancartes, et les 
marchands ambulants de nourriture ne pouvaient accéder au parc 
de Boston Common situé dans le centre de la ville. 
     
    "COMBATTRE LA SUPRÉMATIE BLANCHE" 
    Le maire de Boston, Marty Walsh, avait appelé vendredi les 
contre-manifestants à éviter le quartier de Boston Common, 
expliquant que leur présence serait de nature à provoquer les 
activistes de droite. 
    Monica Cannon, l'une des organisatrices de la marche 
baptisée "Combattre la suprématie blanche", a rejeté l'appel de 
l'élu local. "Ignorer un problème n'a jamais aidé à le 
résoudre", a-t-elle déclaré dans un entretien téléphonique. 
"Nous ne pouvons pas continuer à ignorer le racisme, ignorer le 
suprémacisme blanc, ignorer les néo-nazis et prétendre que ce 
n'est pas un problème". 
    Les organisateurs de la manifestation "Liberté d'expression" 
ont dénoncé la violence et les chants racistes entendus lors du 
rassemblement "Unifier la droite" à Charlottesville. 
    "Nous sommes une coalition de libertariens, de 
progressistes, de conservateurs et d'indépendants et nous 
acceptons toutes les personnes et organisations, quelle que soit 
leur affiliation politique, qui souhaitent entamer un dialogue 
pacifique à propos des menaces qui pèsent sur la liberté 
d'expression et les libertés civiques", explique les 
organisateurs sur Facebook. 
    Les violences survenues la semaine passée à Charlottesville 
ont ouvert la plus grave crise politique de la présidence de 
Donald Trump qui a d'abord tardé à condamner les extrémistes de 
droite avant de les placer sur le même plan que les manifestants 
antiracistes auxquels ils se sont heurtés en Virginie. 
    Outre le rassemblement à Boston, d'autres défilés étaient 
prévus dans le pays, notamment à Houston au Texas à l'appel de 
l'antenne locale du mouvement "Black Lives Matter" qui souhaite 
le retrait d'un monument confédéré dans un parc. 
     La prestigieuse université de Duke en Caroline du Nord a 
retiré une statue du général confédéré Robert E. Lee qui se 
trouvait devant la chapelle du campus et avait été vandalisée il 
y a deux jours, a annoncé samedi le président de l'université. 
  
    Des militants des droits civiques ont également prévu de se 
réunir à Dallas pour dénoncer les idées défendues par les 
suprémacistes blancs. 
     
 
 (Pierre Sérisier et Julie Carriat pour le service français) 
 
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