Des milliers de manifestants à Paris contre l'austérité

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JEAN-LUC MÉLENCHON ESPÈRE RASSEMBLER 100.000 MANIFESTANTS À LA BASTILLE
JEAN-LUC MÉLENCHON ESPÈRE RASSEMBLER 100.000 MANIFESTANTS À LA BASTILLE

PARIS (Reuters) - Des milliers de personnes se sont rassemblées dimanche à Paris contre l'austérité et pour une "VIe République", réaffirmant l'opposition d'une partie de la gauche à la politique de François Hollande et du gouvernement.

A l'invitation du Front de gauche, les manifestants ont fustigé pêle-mêle l'accord sur l'emploi trouvé par les partenaires sociaux, les futures réformes des retraites et de la protection sociale et les mesures d'économies visant à réduire les déficits publics.

"Aucun monarque, fut-il républicain, ne nous imposera jamais sa loi", a dit Jean-Luc Mélenchon devant des manifestants criant "résistance !", près de la place de la Bastille.

"Nous ne voulons pas de la finance au pouvoir, nous n'acceptons pas les politiques d'austérité qui vouent notre peuple, comme tous ceux d'Europe, à une souffrance sans fin."

"C'est nous qui commençons, avec cette marche citoyenne, cette insurrection dont la patrie républicaine à besoin", a poursuivi le quatrième homme de l'élection présidentielle de 2012.

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, l'autre composante du Front de gauche, avait auparavant déclaré que "nous n'acceptons pas d'en rester là, de nous rallier à l'idéologie de la défaite face aux forces de l'argent".

Le délai obtenu par la France pour réduire son déficit public sous 3% du PIB, qualifié de "victoire" par le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, n'a pas calmé la contestation.

"Arrêtez les mensonges ! Ce n'est pas deux ans de répit que nous donne la Commission européenne, nous allons avoir droit à deux ans de chantage", a dit Pierre Laurent. "Après le Code du travail, ce seront les retraites, le financement de la Sécurité sociale, les services publics (...) qu'on va nous demander de sacrifier."

UNE ANNÉE "TRÈS DIFFICILE"

Les organisateurs avaient affiché pour objectif de rassembler 100.000 personnes lors de cette manifestation, un an après la victoire de François Hollande sur Nicolas Sarkozy. En milieu d'après-midi, le Parti de gauche a annoncé la présence de 180.000 manifestants.

La Préfecture de police a expliqué qu'elle ne procédait à aucun comptage, arguant du fait qu'il s'agissait d'un rassemblement politique.

Le Front de gauche demande également au gouvernement d'amnistier les syndicalistes auteurs de délits depuis 2007, ce qu'il a finalement refusé, et de durcir le texte sur les cessions de sites viables pour interdire les "licenciements boursiers".

Eva Joly, candidate Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle de 2012, a estimé à la tribune de la Bastille qu'"il n'y a pas d'un côté la crise économique et de l'autre la crise démocratique, les deux sont liées en France et en Europe".

"C'est une grande manifestation de la gauche antigouvernementale", a pour sa part déclaré Olivier Besancenot, figure du Nouveau parti anticapitaliste, à des journalistes.

De leur côté, des responsables socialistes réunis dans les Landes, n'ont pas caché les difficultés rencontrées par François Hollande.

"Oui, la première année du quinquennat a été une année très difficile parce que ça a été une année de réparation et de préparation de la France", a dit le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, aux militants, selon le texte de son discours.

"Oui le changement prendra du temps, oui il y a des efforts, mais il y aura une différence profonde, fondamentale, irréconciliable avec la droite", a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Economie et des finances, Pierre Moscovici, a invité Jean-Luc Mélenchon à éviter la "politique du pire".

"Toujours, dans notre histoire, quand la gauche a oublié que c'était la droite qu'il fallait combattre et non pas le voisin (...), chaque fois qu'elle a dit que c'était le social-démocrate qui était un social-traître, alors au final, ça a été l'échec", a-t-il dit dans l'émission Le Grand Rendez-vous Europe 1-I>Télé-Le Parisien.

Jean-Baptiste Vey, avec Thierry Chiarello, édité par Marc Angrand

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