Des militaires déployés en protection en Belgique

le
0

(Actualisé avec précisions du ministre de la Défense, Anvers § 8-9-10) par Robert-Jan Bartunek et Barbara Lewis BRUXELLES, 17 janvier (Reuters) - Des soldats ont été déployés dans les rues de Belgique pour assurer la protection de cibles potentielles d'attaques terroristes, dont des sites communautaires juifs et des missions diplomatiques. Le ministre belge de la Défense, Steven Vandeput, a précisé samedi que jusqu'à 300 militaires viendront renforcer le dispositif de vigilance et de sécurité. Ils seront notamment affectés à la protection des ambassades des Etats-Unis et d'Israël à Bruxelles de même que le siège de l'Otan et des institutions de l'Union européenne. Ce dispositif d'alerte renforcée restera en place au moins jusqu'à jeudi prochain. "Il est très important de dire que cela n'a pas été une décision simple. Mais il était nécessaire, au moment où la police est surmobilisé, que l'armée assume un rôle d'assistance", a-t-il expliqué à la presse. Le niveau de la menace en Belgique a été porté au niveau 3 sur une échelle de 4 à la suite de l'intervention des forces de sécurité, jeudi à Verviers, dans l'est du pays, contre un groupe islamiste soupçonné de projeter des attaques. Deux hommes armés, soupçonnés d'avoir séjourné en Syrie, ont été tués lors de ce raid antiterroriste tandis que treize personnes ont été arrêtées, l'un à Verviers, les douze autres à Bruxelles, et placées en garde à vue. Deux autres suspects sont détenus en France à la demande de la Belgique. Au total, douze perquisitions ont été menées à travers la Belgique. Les premiers soldats déployés samedi, des troupes d'infanterie des chasseurs ardennais, ont notamment pris position devant le Musée juif de Bruxelles, où quatre personnes ont été tuées en mai dernier. L'auteur présumé de la tuerie, Mehdi Nemmouche, a été arrêté quelques jours plus tard en France et remis à la justice belge. Le ministre de la Défense a ajouté que des soldats seraient également mobilisés à Anvers, la deuxième ville du pays où vit une importante communauté juive. "La menace principale est à Anvers", a dit Steven Vandeput. "C'est aussi là que la population est la plus inquiète." C'est aussi à Anvers que s'est ouvert fin septembre le procès de 46 membres du groupe salafiste Sharia4Belgium, poursuivis pour appartenance à une organisation terroriste et recrutement de jeunes Belges pour aller se battre en Syrie. Le verdict qui était attendu la semaine dernière a été repoussé d'un mois. Seuls huit accusés ont comparu lors des audiences, les autres seraient en Syrie. LA MENACE ÉTAIT IMMINENTE Des armes de poing, des fusils d'assaut AK-47, des explosifs et des uniformes de la police ont été retrouvés dans l'appartement de Verviers qu'occupaient les deux islamistes tués, tous deux de nationalité belge, a dit le substitut du procureur Eric Van Der Sypt. Le groupe était sur le point de passer à l'acte, ont précisé les autorités belges. Leur objectif était visiblement de s'en prendre à des policiers. D'après Gilles de Kerchove, coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme cité samedi par le quotidien Le Soir, "les attentats devaient avoir lieu vendredi contre les policiers, ils sont intervenus le jour avant (...) La menace n'était pas abstraite, elle était très concrète. Il fallait agir." Rapporté à sa population, la Belgique compte la proportion la plus élevée en Europe de ressortissants ayant quitté le pays pour aller combattre en Syrie. Les autorités belges estiment qu'une centaine de ces djihadistes sont revenus dans le pays, qu'une quarantaine d'entre eux ont été tués sur le terrain et que 170 environ seraient toujours en Syrie ou en Irak. (voir ID:nL6N0UV1UZ ) Pour l'instant, aucun lien n'a été établi avec les attaques menées la semaine dernière à Paris et Montrouge mais des enquêtes sont en cours pour déterminer si Amedy Coulibaly, l'auteur de la fusillade de Montrouge et de la prise d'otages dans une supérette juive de la porte de Vincennes, et les frères Saïd et Chérif Kouachi, auteurs de la tuerie au siège de Charlie Hebdo, se sont procuré leurs armes en Belgique. (voir ID:nL6N0UU2XY ) Interrogé vendredi par la RTBF, l'ancien patron de l'antiterrorisme belge André Jacob a estimé que la cellule de Verviers était déjà sous surveillance mais que l'attaque contre Charlie Hebdo avait pu accélérer l'intervention des forces de sécurité. "Certaines informations qui étaient peut-être à la limite d'être 'mûres' ont été effectivement exploitées plus vite que prévu. Et si elles ont été exploitées, c'est que la menace était réelle", a-t-il ajouté. (Henri-Pierre André pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant